Introduction
L'Antiquité constitue la première grande période de l'histoire humaine après la Préhistoire, marquée par l'apparition de l'écriture qui permet la transmission des savoirs et l'administration des premiers États. Elle est caractérisée par la naissance et le développement de civilisations brillantes et structurées, dont les héritages fondamentaux irriguent encore notre monde contemporain. Son étude couvre un espace immense, du bassin méditerranéen aux vallées de l'Indus et du Fleuve Jaune.
Description
L'Antiquité est traditionnellement subdivisée en Antiquité proche-orientale (Mésopotamie, Égypte, Phénicie, Perse), Antiquité classique (Grèce et Rome) et Antiquité tardive (transition vers le Moyen Âge). En Mésopotamie (Sumer, Akkad, Babylone, Assyrie) naissent les premières villes, le code de lois (Hammurabi), l'astronomie et les mathématiques. L'Égypte pharaonique développe une civilisation remarquable par sa longévité, son art, son architecture monumentale (pyramides, temples) et sa religion complexe. La civilisation grecque, avec la période classique (Ve-IVe siècles av. J.-C.), invente la démocratie (Athènes), la philosophie (Socrate, Platon, Aristote), le théâtre et une esthétique artistique devenue canonique. Rome, d'abord royale puis républicaine et enfin impériale, impose sa loi (droit romain), son ingénierie (routes, aqueducs, amphithéâtres) et un empire unificateur autour de la Méditerranée (Mare Nostrum). Parallèlement, d'autres foyers de civilisation prospèrent, comme la Perse achéménide, la civilisation de la vallée de l'Indus, ou la Chine des Han.
Histoire
Le début de l'Antiquité est symbolisé par l'invention de l'écriture cunéiforme en Mésopotamie et des hiéroglyphes en Égypte vers 3500-3000 av. J.-C. Le Proche-Orient ancien voit se succéder empires et royaumes. En Grèce, la civilisation mycénienne (IIe millénaire av. J.-C.) précède les « siècles obscurs » puis l'âge archaïque et l'apogée classique. Les conquêtes d'Alexandre le Grand (IVe siècle av. J.-C.) hellénisent une vaste zone, créant les royaumes hellénistiques. Rome, fondée selon la tradition en 753 av. J.-C., étend progressivement sa domination : après avoir vaincu Carthage lors des guerres puniques (IIIe-IIe siècles av. J.-C.), elle absorbe les royaumes hellénistiques et unifie le monde méditerranéen. La période impériale commence avec Auguste (27 av. J.-C.). L'Empire connaît sa plus grande extension au IIe siècle ap. J.-C. avant d'entrer dans une longue période de crises (IIIe siècle). La division entre Empire d'Orient et d'Occident (395) et les grandes invasions précipitent la chute de Rome en 476, date conventionnelle marquant la fin de l'Antiquité en Occident. L'Empire romain d'Orient (byzantin) perdure jusqu'en 1453.
Caracteristiques
Les sociétés antiques sont majoritairement agraires et esclavagistes, l'esclavage constituant un pilier économique. La religion polythéiste est omniprésente et rythme la vie civique (mythologies gréco-romaine, égyptienne, mésopotamienne). L'État se structure sous forme de cités-États (polis grecques) ou d'empires centralisés (Égypte, Perse, Rome). L'architecture et l'art visent souvent la monumentalité et la glorification des dieux et des souverains. Les échanges commerciaux et culturels sont intenses le long des routes maritimes et terrestres (route de la soie). L'écriture, d'abord réservée à une élite de scribes, se démocratise partiellement avec l'alphabet phénicien, adapté par les Grecs.
Importance
L'Antiquité est le berceau de la civilisation occidentale. La Grèce lègue la philosophie, la science rationnelle, les concepts de démocratie et de citoyenneté. Rome transmet le droit, des modèles politiques, des techniques de gouvernance et une langue, le latin, à l'origine des langues romanes. Le christianisme, né dans le contexte romain, se diffuse et devient religion d'État, structurant la pensée et la société médiévale. Les œuvres littéraires (Homère, Virgile), artistiques et architecturales antiques restent des références absolues lors des renaissances ultérieures (Renaissance carolingienne, Renaissance du XVe siècle). Enfin, l'Antiquité pose les questions fondamentales sur l'homme, la société, la justice et le pouvoir qui animent encore la réflexion contemporaine.
