Introduction
Les Guerres d'Italie désignent une longue série de conflits qui se sont déroulés de 1494 à 1559, principalement sur le sol italien. Ces guerres, initiées par la France, impliquèrent rapidement les principales puissances européennes (Saint-Empire romain germanique, Espagne, Angleterre, États pontificaux) dans une lutte complexe pour l'hégémonie en Italie et en Europe. Elles sonnèrent le glas de l'indépendance des cités-États italiennes de la Renaissance et inaugurèrent une ère de domination des grandes monarchies centralisées.
Description
Ces guerres ne forment pas un conflit unique mais une succession de huit guerres principales, entrecoupées de trêves précaires. Le théâtre italien, politiquement fragmenté en une mosaïque d'États rivaux (Duché de Milan, République de Venise, République de Florence, États pontificaux, Royaume de Naples), était un champ de bataille idéal pour les puissances étrangères. Les conflits furent caractérisés par des alliances changeantes, une grande mobilité des armées et l'importance croissante de la diplomatie. Les batailles, souvent décisives et sanglantes, virent s'affronter des armées composites de mercenaires (condottières) et de troupes nationales.
Histoire
La première guerre (1494-1498) est déclenchée par le roi de France Charles VIII, qui revendique le royaume de Naples. Son invasion rapide et l'effondrement des défenses italiennes, illustré par le « sac de Naples », marquent un choc pour l'Europe. Louis XII lui succède et s'empare du Milanais (deuxième guerre, 1499-1504). La Ligue de Cambrai (1508) puis la Sainte Ligue (1511) se forment contre Venise puis contre la France. Le jeune François Ier remporte une victoire éclatante à Marignan en 1515, mais est défait et capturé à Pavie en 1525 par les troupes de l'empereur Charles Quint. Cette défaite est un tournant. Le conflit devient alors une lutte pour l'hégémonie entre les Habsbourg (Charles Quint, puis son fils Philippe II d'Espagne) et les Valois (François Ier, puis Henri II). Le sac de Rome en 1527 par des mercenaires impériaux luthériens est un traumatisme pour la chrétienté. Les guerres se poursuivent avec des fortunes diverses jusqu'au traité du Cateau-Cambrésis en 1559, qui consacre la victoire espagnole et la fin des ambitions françaises en Italie.
Caracteristiques
Les Guerres d'Italie présentent plusieurs traits distinctifs. Militairement, elles voient le déclin de la cavalerie lourde et l'essor décisif de l'infanterie (piquiers suisses et allemands, puis tercios espagnols), combinée à une artillerie de campagne plus mobile et efficace. Les fortifications évoluent vers le tracé à l'italienne (bastions) pour résister aux boulets. Politiquement, elles consacrent la notion d'équilibre des puissances et la primauté de la raison d'État, théorisée par Machiavel. Culturellement, elles agissent comme un vecteur majeur de diffusion de la Renaissance italienne (art, architecture, modes de vie) en France et en Europe du Nord, via le butin artistique et les artistes emmenés. La violence extrême envers les civils, comme lors des sacs de Brescia, Rome ou Prato, est également une constante.
Importance
L'impact des Guerres d'Italie est profond et durable. Elles scellent la domination espagnole sur la péninsule pour près de 150 ans, mettant fin à l'âge d'or politique des cités-États italiennes. Pour la France, malgré l'échec final, elles renforcent le pouvoir royal et l'administration centrale. Elles accélèrent la centralisation monarchique en Europe. Le conflit entre Valois et Habsbourg fixe pour des décennies la géopolitique continentale. Sur le plan militaire, elles marquent la naissance de l'armée moderne, professionnelle et permanente. Enfin, le traité de Cateau-Cambrésis (1559) ouvre une période de paix relative en Europe occidentale, permettant aux puissances de se tourner vers leurs affaires intérieures (guerres de Religion en France) et l'expansion outre-mer.
