Introduction
La guerre du Vietnam est un conflit long et complexe, souvent considéré comme la première 'guerre télévisée'. Elle s'inscrit dans le contexte de la décolonisation de l'Indochine française et de la confrontation bipolaire de la Guerre froide. L'intervention massive des États-Unis, motivée par la 'théorie des dominos' (la crainte de voir tomber un pays après l'autre sous l'influence communiste), a transformé un conflit régional en une lutte emblématique et extrêmement coûteuse.
Description
Le conflit trouve ses racines dans la guerre d'Indochine (1946-1954) contre la puissance coloniale française. Après la défaite française à Diên Biên Phu, les accords de Genève de 1954 divisent temporairement le Vietnam au niveau du 17e parallèle, créant un Nord communiste dirigé par Hô Chi Minh et un Sud pro-occidental. La promesse d'élections générales pour la réunification n'est pas tenue par le Sud, déclenchant une insurrection du Front national de libération du Sud-Vietnam (FNL, surnommé 'Vietcong' par ses adversaires). Les États-Unis, engagés dans une politique de containment, augmentent progressivement leur aide militaire, passant de conseillers à un engagement direct et massif après l'incident du golfe du Tonkin en 1964. La guerre se caractérise par des opérations de guérilla dans la jungle, une guerre conventionnelle au Nord, et des bombardements aériens massifs (opération Rolling Thunder). L'offensive du Têt en 1968, bien qu'une défaite militaire pour le Nord, constitue un choc psychologique majeur pour l'opinion publique américaine, érodant le soutien à la guerre.
Histoire
La guerre se déroule en plusieurs phases. La phase d'insurrection (1955-1964) voit la montée en puissance du Vietcong. L'escalade américaine (1964-1968) atteint son apogée avec plus de 500 000 soldats US déployés. La 'vietnamisation' (1969-1973), sous l'administration Nixon, vise à transférer le poids des combats à l'armée sud-vietnamienne tout en intensifiant les bombardements (notamment sur le Cambodge et le Laos) et en engageant des pourparlers de paix à Paris. Les accords de paix de Paris sont signés en janvier 1973, prévoyant le retrait américain. Cependant, les combats reprennent rapidement. En 1975, une offensive finale du Nord-Vietnam aboutit à la chute de Saïgon (renommée Hô-Chi-Minh-Ville) le 30 avril 1975, marquant la fin de la guerre et la réunification du pays.
Caracteristiques
Cette guerre présente plusieurs traits distinctifs : 1) Une guerre asymétrique : l'armée américaine, technologiquement supérieure, fut mise en difficulté par les tactiques de guérilla et la connaissance du terrain de l'adversaire. 2) L'importance de l'opinion publique : la couverture médiatique quotidienne, avec des images chocs diffusées dans les foyers, a joué un rôle crucial dans la formation d'un mouvement anti-guerre puissant. 3) L'utilisation d'armes et de tactiques controversées : défoliants (Agent Orange), bombes au napalm, recherche systématique du 'body count' comme indicateur de succès. 4) Un théâtre d'opérations élargi : les combats et les bombardements se sont étendus secrètement au Laos et au Cambodge, contribuant à déstabiliser la région.
Importance
L'impact de la guerre du Vietnam est profond et durable. Pour les États-Unis, elle a entraîné une crise de confiance institutionnelle (le 'syndrome du Vietnam'), une remise en question de la politique étrangère et une fracture générationnelle et sociale. Militairement, elle a conduit à la fin de la conscription et à une réflexion sur la doctrine d'engagement. Pour le Vietnam, le conflit a causé des destructions immenses (environ 3 millions de morts, des paysages dévastés, des séquelles sanitaires dues aux produits chimiques) et un isolement international initial. À l'échelle mondiale, elle a marqué une limite à la puissance américaine et a influencé les mouvements de contestation des années 1960-1970. Elle reste un paradigme des limites de la force militaire face à une détermination nationale et une guérilla bien organisée.
