Introduction
L'Empire achéménide (v. 550-330 av. J.-C.) représente l'apogée de la puissance perse antique. Issu du modeste royaume d'Anshan dans le sud-ouest de l'Iran actuel, il connut une expansion fulgurante pour unifier sous un seul sceptre une mosaïque de peuples, de cultures et de royaumes, des confins de l'Inde à la mer Égée et de l'Égypte à l'Asie centrale. Il fut le cadre d'une synthèse culturelle unique et d'une organisation impériale qui servit de modèle pour les siècles à venir.
Description
L'empire était une construction politique colossale, organisée autour d'une monarchie de droit divin où le « Roi des Rois » (Shahanshah) gouvernait par la grâce d'Ahura Mazda, la divinité suprême du zoroastrisme. Sa capitale cérémonielle était Persépolis, fondée par Darius Ier, dont les ruines monumentales témoignent de la grandeur impériale. L'administration reposait sur une division en vastes provinces appelées satrapies, chacune dirigée par un satrape nommé par le roi mais contrôlée par un système de contre-pouvoirs (armée royale, secrétaires, « yeux et oreilles du roi »). Un réseau de routes royales, dont la plus célèbre, la « Voie Royale » de Sardes à Suse (près de 2 700 km), permettait une circulation rapide des messages, des troupes et des marchandises, grâce à un service de relais de chevaux. L'empire frappait sa propre monnaie, le darique d'or et le sicle d'argent, facilitant les écomonies.
Histoire
L'histoire achéménide est marquée par ses fondateurs et ses conquêtes. Cyrus II le Grand (r. 550-530) fonde l'empire en renversant les Mèdes (550), puis conquiert le royaume lydien de Crésus (546) et l'empire néo-babylonien (539), libérant notamment les Juifs de l'exil. Son fils Cambyse II annexe l'Égypte (525). Après une crise de succession, Darius Ier (r. 522-486) consolide l'empire, réprime des révoltes, étend son territoire jusqu'à l'Indus et organise l'administration. Ses campagnes contre les cités grecques marquent le début des guerres médiques, qui culminent avec les défaites perses à Marathon (490), Salamine (480) et Platées (479) sous Xerxès Ier. Le Ve et le IVe siècle voient un lent déclin, ponctué de révoltes en Égypte et de luttes de palais, jusqu'à la conquête foudroyante d'Alexandre le Grand de Macédoine. La défaite de Darius III à Gaugamèles (331) et la prise de Persépolis (330) mettent fin à l'empire.
Caracteristiques
Les caractéristiques majeures de l'empire sont sa tolérance et son pragmatisme. Les Achéménides pratiquaient une politique de respect des coutumes, des religions et des élites locales des peuples conquis, comme en témoigne le Cylindre de Cyrus, souvent qualifié de première « charte des droits de l'homme ». Ils construisaient des palais et des centres administratifs intégrant des éléments architecturaux de tout l'empire (colonnes ioniques, reliefs assyriens, etc.). L'art officiel, visible à Persépolis et à Naqsh-e Rostam, glorifiait la puissance et la légitimité du roi, représenté triomphant de forces chaotiques. L'empire était multilingue : l'araméen servait de lingua franca administrative, tandis que les inscriptions royales étaient trilingues (vieux-perse, élamite, babylonien).
Importance
L'importance de l'Empire achéménide est immense. Il créa pour la première fois un espace politique unifié du monde méditerranéen à l'Asie du Sud, facilitant les échanges culturels, commerciaux et techniques sur une échelle continentale. Son modèle administratif des satrapies influença directement les empires séleucide, parthe, sassanide et peut-être même l'organisation romaine des provinces. Son idéologie impériale de roi juste et ordonnateur du monde fut reprise par ses successeurs. Enfin, en préservant et en synthétisant les héritages mésopotamiens, égyptiens, anatoliens et iraniens, il transmit un patrimoine culturel riche aux civilisations hellénistiques et, au-delà, à l'Islam médiéval. Il reste dans l'histoire comme le premier grand empire à vocation universelle.
