Introduction
L'Empire ottoman, fondé par la dynastie issue d'Osman Ier, fut une puissance majeure du monde islamique et une plaque tournante des échanges entre l'Est et l'Ouest pendant plus de six siècles. Structuré autour d'un État centralisé, d'une armée redoutable et d'un système administratif sophistiqué, il a profondément marqué l'histoire politique, culturelle et religieuse de l'Europe, des Balkans, du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.
Description
L'Empire ottoman était une monarchie héréditaire dirigée par un sultan, qui détenait également le titre de calife à partir du XVIe siècle, faisant de lui le chef spirituel des musulmans sunnites. Sa capitale fut successivement Bursa, Edirne, puis Constantinople (actuelle Istanbul) après sa conquête en 1453 par Mehmed II. L'empire était organisé en provinces (eyalets, puis vilayets) administrées par des gouverneurs (pachas, beylerbeys). Sa société était structurée selon le système des millets, communautés religieuses (musulmane, grecque orthodoxe, arménienne, juive) jouissant d'une large autonomie dans leurs affaires internes. L'économie reposait sur l'agriculture, le commerce des épices et de la soie, ainsi que sur un système fiscal élaboré.
Histoire
L'histoire ottomane se divise en plusieurs phases. La période de formation (c. 1299-1453) voit l'État émerger en Anatolie, conquérir les Balkans et finalement prendre Constantinople, mettant fin à l'Empire byzantin. L'âge classique (1453-1566) est une ère d'expansion maximale sous des sultans comme Sélim Ier, qui conquiert le Levant, l'Égypte et le Hedjaz, et Soliman le Magnifique, dont le règne marque l'apogée territorial, militaire et culturel. Vient ensuite une longue période de stagnation et de transformations (1566-1827), marquée par des défaites militaires (Lépante en 1571, siège de Vienne échoué en 1683), des réformes administratives et une relative perte d'influence face aux puissances européennes. Le XIXe siècle est l'ère des réformes (Tanzimat) visant à moderniser l'État, l'armée et la société, mais aussi du déclin territorial (indépendances dans les Balkans, perte de provinces). L'empire, entré dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux, est démantelé par les traités de paix. La guerre d'indépendance turque (1919-1923) conduit à l'abolition du sultanat puis du califat et à la proclamation de la République de Turquie par Mustafa Kemal Atatürk.
Caracteristiques
Plusieurs caractéristiques définissent l'Empire ottoman. Son armée était redoutable, notamment grâce au corps d'élite des janissaires, soldats-esclaves recrutés parmi les enfants chrétiens des Balkans via le système du *devşirme*. L'architecture ottomane, synthèse d'influences byzantines, persanes et islamiques, a produit des chefs-d'œuvre comme les mosquées de Mimar Sinan. L'empire était un État multinational et multiconfessionnel, appliquant une relative tolérance religieuse par pragmatisme. Son système juridique combinait la loi islamique (charia) et le droit coutumier sultanien (kanun). La cour impériale, le Palais de Topkapi, était le centre d'un gouvernement complexe dirigé par le Grand Vizir et le Divan.
Importance
L'héritage de l'Empire ottoman est immense. Il a modelé la carte politique du Moyen-Orient et des Balkans, créant des frontières et des tensions ethniques qui perdurent. Il a été un rempart et un pont entre l'Europe chrétienne et le monde musulman, influençant profondément les arts, la cuisine et la culture en Europe du Sud-Est. La chute de Constantinople en 1453 est considérée comme un événement charnière marquant la fin du Moyen Âge. L'empire a préservé et transmis des savoirs antiques et a joué un rôle crucial dans les échanges commerciaux mondiaux. Enfin, son effondrement a directement conduit à la création de la Turquie moderne et a laissé un vide politique dans la région, contribuant aux conflits du XXe siècle.
