Empire français

L'Empire français désigne principalement deux périodes de régime impérial en France au XIXe siècle, ainsi que l'ensemble des colonies et territoires sous domination française. Le Premier Empire (1804-1814/15), fondé par Napoléon Ier, est une puissance militaire hégémonique en Europe. Le Second Empire (1852-1870), dirigé par Napoléon III, marque une période de modernisation et d'expansion coloniale.

Introduction

La notion d'Empire français recouvre une réalité double : d'une part, les régimes politiques impériaux qui ont succédé à la Révolution française, caractérisés par un pouvoir personnel fort et une expansion territoriale ; d'autre part, l'immense empire colonial bâti principalement aux XIXe et XXe siècles, deuxième en taille après l'Empire britannique à son apogée. Cette fiche se concentre sur les régimes impériaux métropolitains, piliers de l'histoire politique française moderne.

Description

Le Premier Empire est proclamé le 18 mai 1804 lorsque le Sénat confère à Napoléon Bonaparte le titre d'Empereur des Français. Il s'agit d'une monarchie autoritaire, mais fondée sur certains principes révolutionnaires (égalité civile, méritocratie) et le plébiscite. L'Empire est organisé autour du Code civil, d'une administration centralisée et d'une puissante armée. Le Second Empire, établi par Louis-Napoléon Bonaparte après le coup d'État de 1851, évolue d'un régime autoritaire (l'Empire autoritaire) vers un régime plus libéral (l'Empire libéral) à la fin des années 1860. Il mise sur le développement économique, industriel et l'embellissement de Paris.

Histoire

Le Premier Empire naît des cendres de la Révolution et du Consulat. Napoléon Ier mène une série de guerres victorieuses (campagnes d'Autriche, de Prusse, de Russie initialement) qui placent la majeure partie de l'Europe sous influence française, via des États satellites ou des annexions. L'Empire atteint son extension maximale vers 1812. Son déclin commence avec la désastreuse campagne de Russie (1812), suivie de la défaite à Leipzig (1813) et de l'abdication en 1814. Les Cent-Jours en 1815 marquent un bref retour, définitivement achevé à Waterloo. Près d'un demi-siècle plus tard, le Second Empire débute par un plébiscite en 1852. Il connaît une phase de prospérité et de grands travaux (Haussmann, réseaux ferrés). Sa politique étrangère est active (guerre de Crimée, unité italienne, expédition du Mexique) mais la montée en puissance de la Prusse conduit à la désastreuse guerre franco-prussienne de 1870. La défaite à Sedan et la capture de Napoléon III entraînent la chute du régime et la proclamation de la Troisième République le 4 septembre 1870.

Caracteristiques

Les deux Empires partagent des traits communs : un pouvoir exécutif concentré dans les mains de l'Empereur, un recours au plébiscite pour légitimer le régime, et une volonté de stabilité après une période de troubles. Le Premier Empire se distingue par son caractère martial, son système continental de blocus contre l'Angleterre et sa réforme administrative durable (préfets, Université impériale, Banque de France). Le Second Empire se caractérise par son esprit entrepreneurial, le développement du crédit (Crédit Foncier, Crédit Mobilier), l'essor des grands magasins et une politique de prestige (Expositions universelles de 1855 et 1867). Sur le plan symbolique, les deux régimes utilisent abondamment l'iconographie impériale (aigle, abeille, couronne).

Importance

L'héritage des Empires français est considérable. Le Premier Empire a diffusé les idéaux révolutionnaires (Code Napoléon) à travers l'Europe, remodelé la carte du continent et posé les bases de l'État moderne en France et dans de nombreux pays. Son histoire a nourri le mythe du grand homme et influencé la pensée politique et militaire. Le Second Empire a transformé la France en une puissance industrielle et moderne, lui a donné son réseau ferroviaire et a largement façonné le Paris d'aujourd'hui. Il a aussi engagé la France dans une expansion coloniale majeure (Algérie, Cochinchine, début de la conquête de l'Afrique de l'Ouest). Ensemble, ces périodes représentent une quête de grandeur nationale et une forme de synthèse entre l'Ancien Régime et la Révolution, entre l'autorité et la modernité.

Anecdotes

Le couronnement de Napoléon Ier

Lors du sacre à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, Napoléon saisit lui-même la couronne des mains du Pape Pie VII pour se la poser sur la tête, puis couronna l'impératrice Joséphine. Cet acte symbolisait qu'il tenait son pouvoir de sa propre volonté et de la Constitution, et non de l'autorité pontificale.

Les transformations de Paris sous Napoléon III

Le Baron Haussmann, préfet de la Seine, perce de grands boulevards rectilignes sous les ordres de Napoléon III. Outre l'embellissement, ces travaux avaient des motifs stratégiques (rendre plus difficile la construction de barricades lors des révoltes) et hygiénistes (assainir la ville). Ils donnèrent à Paris sa physionomie moderne.

Le drapeau tricolore impérial

Contrairement à une idée reçue, les deux Empires conservèrent le drapeau bleu-blanc-rouge hérité de la Révolution. Le Premier Empire y ajouta parfois l'aigle impérial, et le Second utilisa le même drapeau que la République, marquant une continuité nationale au-delà des régimes.

Sources

  • Thierry Lentz, 'Nouvelle histoire du Premier Empire', 4 vol., Fayard, 2002-2010.
  • Éric Anceau, 'Napoléon III, un Saint-Simon à cheval', Tallandier, 2008.
  • Jean Tulard, 'Le Grand Empire', Albin Michel, 2009.
  • Ministère de la Culture - Archives nationales : fonds des périodes impériales.
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