Introduction
Fondée par l'empereur Gaozu (Li Yuan) après l'effondrement de la brève dynastie Sui, la dynastie Tang régna sur la Chine pendant près de trois siècles. Elle est souvent citée, avec la dynastie Han, comme un pic de prospérité et d'innovation dans l'histoire chinoise. L'empire Tang établit un modèle de gouvernement centralisé efficace, promut le commerce le long de la Route de la Soie et fut remarquablement ouvert aux influences étrangères, tout en diffusant la culture chinoise au Japon, en Corée et au Vietnam.
Description
L'empire Tang était structuré autour d'une bureaucratie civile méritocratique, renforcée par le système des examens impériaux qui recrutait les fonctionnaires sur la base du talent plutôt que de la seule naissance. Sa capitale, Chang'an (actuelle Xi'an), était une métropole planifiée en damier de plus d'un million d'habitants, centre du pouvoir politique et carrefour culturel et commercial mondial. L'économie était florissante, soutenue par des réformes agraires (système de répartition égalitaire des terres), une monnaie stable et un réseau de canaux et de routes. L'art Tang, notamment la peinture de paysage, la céramique (comme les célèbres figurines funéraires Sancai) et la sculpture bouddhiste, atteignit une sophistication et une élégance inégalées. La poésie, avec des figures comme Li Bai, Du Fu et Wang Wei, est considérée comme le plus grand héritage littéraire de la période.
Histoire
L'histoire Tang se divise en deux grandes phases. La première (VIIe-début VIIIe siècle) est une période d'expansion et de consolidation sous des souverains énergiques comme l'empereur Taizong (626-649), véritable architecte de l'État, et l'impératrice Wu Zetian (690-705), seule femme à avoir régné en son propre nom en Chine. L'apogée territorial est atteint sous l'empereur Xuanzong (712-756), dont le long règne débuta brillamment (ère Kaiyuan) avant de sombrer dans le déclin. La révolte d'An Lushan (755-763), un général d'origine étrangère, fut un tournant catastrophique qui dévasta le pays, affaiblit irrémédiablement le pouvoir central et força les Tang à s'appuyer sur des gouverneurs militaires régionaux (jiedushi). La seconde phase (fin VIIIe-IXe siècle) vit l'empire lutter contre les séparatismes, les crises financières et les révoltes paysannes, comme celle de Huang Chao (874-884). La dynastie s'éteignit en 907, plongeant la Chine dans une nouvelle période de division, l'ère des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes.
Caracteristiques
Parmi les caractéristiques majeures de l'empire Tang figurent : 1) **Cosmopolitisme et ouverture** : Accueil de marchands, d'artisans et de religieux persans, arabes, sogdiens et coréens à Chang'an ; tolérance envers les religions étrangères comme le nestorianisme, le manichéisme, l'islam et surtout le bouddhisme, qui connut son apogée institutionnel. 2) **Système administratif et juridique** : Code de lois Tang, modèle pour l'Asie de l'Est ; système des « Trois Départements et Six Ministères » pour un gouvernement équilibré. 3) **Innovations technologiques et culturelles** : Développement de l'imprimerie à caractères mobiles en bois, perfectionnement de la porcelaine, progrès en médecine, cartographie et horlogerie. 4) **Puissance militaire et expansion** : Armée professionnelle et système de milices (fubing) ; protectorats établis en Asie centrale, influence étendue jusqu'en Corée (alliance avec le royaume de Silla) et en Asie du Sud-Est.
Importance
L'importance de la dynastie Tang est immense. Elle consolida l'identité chinoise après des siècles de division et fixa pour longtemps le modèle de l'État impérial bureaucratique. Son rayonnement culturel définit la « sphère culturelle sinisée » (Corée, Japon, Vietnam), qui adopta l'écriture chinoise, le système administratif, le bouddhisme mahayana et l'art Tang. La Route de la Soie, sous sa protection, connut une activité sans précédent, facilitant les échanges de biens, d'idées et de technologies entre l'Est et l'Ouest. Enfin, l'image de la Chine comme empire prospère, raffiné et puissant, véhiculée par les récits des voyageurs, persista longtemps en Occident, où le terme « Cathay » dérive de « Khitan », un peuple ayant succédé aux Tang dans le nord de la Chine.
