Introduction
Fondée par Zhu Yuanzhang, un roturier devenu empereur après une révolte paysanne, la dynastie Ming marque un retour à un gouvernement chinois han après près d'un siècle de domination mongole sous les Yuan. Son nom, 'Ming', signifie 'brillant' ou 'lumineux', symbolisant une ère de prospérité, de stabilité et de renouveau culturel. Durant près de trois siècles, l'empire Ming a établi un système administratif centralisé rigoureux, a mené des expéditions maritimes spectaculaires et a produit certains des arts et de l'architecture les plus emblématiques de la Chine.
Description
L'empire Ming était organisé autour d'un pouvoir impérial absolu, concentré dans la capitale. L'empereur Hongwu (Zhu Yuanzhang) a d'abord établi sa capitale à Nankin, avant que son fils, l'empereur Yongle, ne la transfère à Pékin, où il fit construire la célèbre Cité interdite. L'administration reposait sur un vaste corps de fonctionnaires lettrés, les mandarins, recrutés par le système des examens impériaux, rétabli et perfectionné. Cet État centralisé contrôlait étroitement l'économie, avec un recensement précis de la population et des terres, et une monnaie de papier (qui finira par connaître une inflation). L'agriculture, notamment la culture du riz, était la base de l'économie, soutenue par des grands travaux comme la réparation du Grand Canal. L'artisanat (porcelaine, soieries, laques) et le commerce intérieur prospérèrent, notamment sous le règne de Yongle.
Histoire
L'histoire des Ming se divise en plusieurs phases. La période de fondation (1368-1424) est marquée par le règne autoritaire de Hongwu, qui consolide le pouvoir, et celui de Yongle, expansionniste. Ce dernier lance les célèbres expéditions de l'amiral Zheng He dans l'océan Indien (1405-1433), démontrant la supériorité navale chinoise. Après Yongle, l'empire entre dans une phase de consolidation et de repli relatif. Le milieu de la dynastie (15e-16e siècles) voit une prospérité économique et un essor culturel, mais aussi des menaces croissantes : pirates japonais (wokou) sur les côtes, incursions mongoles au nord. La fin des Ming (fin 16e-17e siècles) est une période de crise. La cour est minée par les luttes entre eunuques et fonctionnaires, l'économie est affaiblie par des dépenses militaires et des difficultés financières. Des rébellions paysannes massives éclatent dans les années 1630, menées par Li Zicheng. En 1644, ce dernier s'empare de Pékin, poussant le dernier empereur Ming, Chongzhen, au suicide. Un général Ming fait alors appel aux Mandchous pour repousser les rebelles, mais ceux-ci en profitent pour s'emparer du pouvoir et fonder la dynastie Qing.
Caracteristiques
1. **Pouvoir centralisé et bureaucratie** : Empereur absolu, système des examens impériaux raffermi, code légal Ming. 2. **Expansion et défense** : Grandes expéditions maritimes de Zheng He ; construction et renforcement de la Grande Muraille dans sa forme actuelle (briques et pierres) pour se protéger des Mongols. 3. **Essor économique** : Commerce florissant, introduction de l'argent-métal d'Amérique via le commerce avec les Européens (Portugais à Macao), développement de l'artisanat de luxe. 4. **Renaissance culturelle** : Apogée de la porcelaine bleue et blanche ; développement de la littérature en langue vernaculaire (comme 'Au bord de l'eau') ; peinture de paysage ; compilation d'encyclopédies monumentales. 5. **Architecture monumentale** : Construction de la Cité interdite à Pékin, des tombeaux Ming, et rénovation du Grand Canal. 6. **Repli stratégique** : Après Zheng He, abandon de la grande navigation au profit d'une politique défensive centrée sur les menaces continentales.
Importance
La dynastie Ming a laissé une empreinte indélébile sur la Chine et le monde. Elle a défini l'image classique de la Chine impériale, avec Pékin comme capitale et la Cité interdite comme symbole du pouvoir. Son système bureaucratique a été un modèle pour ses successeurs. Culturellement, elle a produit des œuvres qui sont devenues des classiques. Son héritage matériel (Grande Muraille, Cité interdite, porcelaines) est mondialement connu. Le choix de mettre fin aux expéditions maritimes a souvent été interprété comme un tournant historique, laissant le champ libre aux explorations européennes. Enfin, sa chute, due à des facteurs internes et externes, est étudiée comme un cas d'école de la dynamique des cycles dynastiques chinois.
