Titre
L'escalade de la contestation
Description
Le mouvement débute le 22 mars à l'université de Nanterre avec l'occupation d'un bâtiment par des étudiants emmenés par Daniel Cohn-Bendit, protestant contre les arrestations liées au Vietnam. Le 2 mai, la faculté de Nanterre est fermée. Le 3 mai, une manifestation de soutien à Nanterre à la Sorbonne est violemment dispersée par la police, avec des centaines d'arrestations. C'est l'étincelle. Les jours suivants, les affrontements entre étudiants et forces de l'ordre se multiplient dans le Quartier Latin, avec des barricades (la 'nuit des barricades' du 10 au 11 mai fait des centaines de blessés). Le mouvement étudiant, structuré autour de l'UNEF et du SNESup, réclame la libération des arrêtés, l'évacuation policière de la Sorbonne et des réformes. Le 13 mai, une immense grève générale et manifestation unitaire (syndicats, partis de gauche, étudiants) paralyse le pays. La grève, spontanément, s'étend aux usines (Renault, Sud-Aviation) et devient la plus grande grève générale de l'histoire de France (plus de 9 millions de grévistes), avec occupations d'usines et revendications salariales et sociales. Pendant plusieurs semaines, le pays est à l'arrêt, dans une atmosphère de fête et de débat permanent (assemblées générales, occupations). Le pouvoir, d'abord dépassé, se ressaisit. De Gaulle disparaît le 29 mai (il était à Baden-Baden pour s'assurer du soutien de l'armée) et revient le 30 pour prononcer un discours radiodiffusé annonçant la dissolution de l'Assemblée Nationale. Une grande manifestation gaulliste descend les Champs-Élysées. Les élections législatives de juin, anticipées, donnent une large majorité à la droite (les 'silencieux' effrayés par le désordre). La reprise du travail, négociée par les accords de Grenelle (hausse substantielle du SMIC et des salaires), s'échelonne jusqu'en juin.
