Titre
Une contagion révolutionnaire à travers l'Europe
Description
L'étincelle vient de France. Le 22 février 1848, à Paris, une campagne de banquets réformiste est interdite, déclenchant des émeutes. Le roi Louis-Philippe, refusant de faire tirer sur la foule, abdique le 24 février. La Deuxième République est proclamée, instaurant le suffrage universel masculin et des ateliers nationaux pour les chômeurs. Cette victoire libérale et sociale enflamme l'Europe. Dès mars, la révolution gagne les États allemands et italiens, ainsi que l'Empire d'Autriche. À Vienne, les étudiants et ouvriers se soulèvent, contraignant le chancelier Metternich, symbole de la réaction, à fuir. L'empereur Ferdinand Ier doit octroyer une constitution. À Berlin, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV, confronté à des barricades, cède et promet une assemblée nationale pour une Allemagne unie. En Italie, des insurrections éclatent à Milan (les "Cinq Journées") et à Venise contre les Autrichiens, tandis que le roi de Piémont-Sardaigne, Charles-Albert, déclare la guerre à l'Autriche pour l'indépendance. Dans l'Empire des Habsbourg, les peuples se soulèvent : la Hongrie, menée par Lajos Kossuth, obtient une large autonomie ; les Tchèques organisent un congrès slave à Prague. Cependant, à partir de l'été 1848, la contre-révolution s'organise. Les divisions entre libéraux modérés et radicaux, entre bourgeois et ouvriers (notamment lors des Journées de Juin à Paris, sévèrement réprimées), et entre nationalités rivales (comme Allemands et Tchèques à Prague) affaiblissent les révolutionnaires. Les armées fidèles aux monarchies, souvent dirigées par des généraux conservateurs (comme Windischgrätz en Autriche), reprennent l'offensive. Vienne est reprise en octobre, Berlin est mise au pas, la révolution hongroise est écrasée en 1849 avec l'aide de l'armée russe. En France, l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence en décembre 1848 sonne le glas des espoirs républicains.
