Titre
Une journée d'émeute, de siège et de reddition
Description
Dès l'annonce du renvoi de Necker, Paris s'agite. Le 12 juillet, des manifestations dégénèrent en affrontements avec la cavalerie royale (régiment du Royal-Allemand) au jardin des Tuileries. Le 13 juillet, les électeurs parisiens (les députés du tiers état de Paris) forment une municipalité insurrectionnelle et une milice bourgeoise, future Garde nationale. La recherche d'armes pour cette milice conduit les émeutiers à piller l'arsenal des Invalides, où ils s'emparent de milliers de fusils mais peu de poudre. L'attention se porte alors sur la Bastille, réputée en contenir des barils. Le matin du 14, une foule hétéroclite d'émeutiers, d'artisans et de gardes françaises déserteurs se rassemble devant la forteresse. Elle est commandée par le gouverneur, Bernard-René de Launay, qui dispose d'une petite garnison d'invalides et de quelques canons. Les pourparlers, visant à obtenir la reddition pacifique et la distribution des armes, traînent en longueur. Vers 13h30, la foule, impatientée, envahit la cour extérieure. Les premiers coups de feu éclatent, déclenchant un siège en règle de plusieurs heures. Des renforts arrivent avec des canons pris aux Invalides. Face à la menace d'un bombardement et à la défection de ses hommes, de Launay capitule vers 17h00. Les ponts-levis sont abaissés, la foule se rue à l'intérieur. Elle libère les sept prisonniers qui s'y trouvaient (quatre faussaires, deux fous et un noble débauché), s'empare de la poudre et des armes. Le gouverneur et plusieurs de ses hommes sont capturés, traînés dans les rues et massacrés par la foule. Leurs têtes, ainsi que celle du prévôt des marchands Jacques de Flesselles, sont promenées au bout de piques.
