Édit de Nantes

13 avril 1598Nantes, Royaume de France Guerres de Religion (1562-1598) / Renaissance

L'Édit de Nantes, promulgué par le roi Henri IV, est un acte de pacification qui accorde des droits de culte, des droits civils et des places de sûreté aux protestants réformés (huguenots) du royaume de France. Il vise à mettre un terme à près de quarante ans de guerres civiles religieuses qui ont déchiré le pays. Cet édit constitue une exception majeure dans l'Europe du XVIe siècle, instaurant une coexistence légale entre deux confessions chrétiennes au sein d'un même État.

Titre

Un long processus de négociation aboutissant à un édit de pacification

Description

L'Édit de Nantes n'est pas un acte spontané, mais l'aboutissement de plusieurs années de négociations et de traités partiels. Après sa conversion et son sacre, Henri IV œuvre à soumettre les derniers ligueurs et à repousser les Espagnols. La paix de Vervins avec l'Espagne en mai 1598 libère ses mains. L'édit est préparé par de longues discussions avec les représentants des deux partis, notamment les députés protestants. Signé à Nantes en avril 1598 (probablement le 13), il est enregistré avec difficulté par le Parlement de Paris le 25 février 1599, après que le roi ait exercé une « séance de la flagellation » pour imposer son autorité. L'édit est en réalité un ensemble complexe de textes : un édit principal de 92 articles généraux, 56 articles « particuliers » ou « secrets », et deux « brevets » royaux (concernant le financement des pasteurs et les places de sûreté, ces derniers étant des actes précaires et révocables). Il ne s'agit pas d'un édit de tolérance au sens moderne (la liberté de conscience individuelle n'est pas proclamée pour tous), mais d'un édit de « pacification » et de « coexistence » organisant juridiquement le statut de la minorité réformée.

Anecdotes

Un édit signé ailleurs ?

Si l'édit porte le nom de Nantes, où la cour séjournait, certains historiens émettent l'hypothèse qu'il aurait pu être signé à Angers, où se trouvait également le roi à cette période. Le lieu exact de la signature reste débattu, mais c'est bien à Nantes qu'il fut promulgué et rendu public.

Les « brevets » secrets

Les clauses les plus controversées (financement des pasteurs et, surtout, la concession des places de sûreté) ne figuraient pas dans l'édit public enregistré au Parlement. Elles étaient contenues dans des « brevets » royaux, actes administratifs secrets et révocables. Cette dissimulation visait à faciliter l'acceptation de l'édit par les parlements et l'opinion catholique.

Un original perdu

L'original de l'Édit de Nantes, signé par Henri IV, a été perdu. Le texte nous est connu par des copies certifiées conformes, notamment celle déposée au Trésor des chartes. L'édit de révocation de 1685, en revanche, a été physiquement brûlé en 1686 par un arrêt du Parlement de Paris.

Sources

  • Janine Garrisson, *L'Édit de Nantes*, 1998.
  • Bernard Cottret, *1598, L'Édit de Nantes*, 1997.
  • Olivier Christin, *La Paix de religion. L'autonomisation de la raison politique au XVIe siècle*, 1997.
  • Textes de l'Édit de Nantes (articles généraux et particuliers) disponibles sur archives numériques.
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