Défaite de l'Armada espagnole

8 août 1588Manche, Mer entre l'Angleterre et les Flandres Guerre anglo-espagnole (1585-1604) / Règnes de Philippe II d'Espagne et d'Élisabeth Ire d'Angleterre

En 1588, la puissante flotte espagnole, l'Invincible Armada, est envoyée par Philippe II pour envahir l'Angleterre et renverser la reine protestante Élisabeth Ire. Une combinaison de tactiques anglaises audacieuses, de mauvaises conditions météorologiques et d'erreurs logistiques conduit à la déroute de l'Armada. Cet échec marque un tournant dans la domination navale espagnole et consolide la puissance maritime anglaise.

Titre

Déroulement : Une campagne désastreuse

Description

L'Armada, forte d'environ 130 navires et 30 000 hommes, quitte Lisbonne en mai 1588 sous le commandement du duc de Médina Sidonia, un noble terrestre peu expérimenté. Sa mission est de sécuriser la Manche, de faire la jonction avec l'armée du duc de Parme stationnée aux Pays-Bas espagnols (environ 30 000 vétérans), et d'assurer leur traversée pour un débarquement en Angleterre. L'Armada adopte une formation défensive en croissant. La flotte anglaise, commandée par Lord Howard d'Effingham avec Drake, Hawkins et Frobisher comme vice-amiraux, est plus petite (environ 200 navires) mais composée de bâtiments plus maniables, mieux armés de canons à longue portée et servis par des marins aguerris. Les engagements dans la Manche (du 31 juillet au 6 août) voient les Anglais harceler l'Armada à distance, évitant l'abordage cher aux Espagnols, et causant des dommages limités mais une usure psychologique. Le point culminant a lieu au large de Gravelines le 8 août (7 août dans le calendrier julien alors en usage en Angleterre). Les Anglois, ayant profité de brûlots lancés la nuit précédente pour disloquer la formation espagnole, engagent un combat rapproché et infligent des pertes sévères. Médina Sidonia, ne pouvant plus faire jonction avec Parme (bloqué par la flotte hollandaise) et à court de munitions, ordonne la retraite. Contraint par les vents dominants, il prend la décision désastreuse de fuir par le nord, contournant les îles Britanniques. La flotte, démâtée et à court de vivres, est alors décimée par de terribles tempêtes sur les côtes d'Irlande et d'Écosse. Moins d'une centaine de navires et la moitié des hommes reviendront en Espagne, beaucoup morts de maladie et de faim.

Anecdotes

Le jeu de bowls de Drake

La légende (probablement apocryphe mais tenace) raconte que lorsque l'Armada fut signalée, Sir Francis Drake jouait aux bowls sur le Hoe de Plymouth. Il aurait achevé tranquillement sa partie, affirmant qu'il avait tout le temps de battre les Espagnols après.

Les brûlots de Calais

Dans la nuit du 7 au 8 août, les Anglais envoyèrent huit navires incendiaires (brûlots) vers l'Armada ancrée au large de Calais. Paniqués à l'idée de voir leurs voiles prendre feu, les capitaines espagnols coupèrent leurs câbles d'ancre pour fuir, brisant irrémédiablement la formation serrée qui était leur force défensive.

La médaille commémorative anglaise

Élisabeth Ire fit frapper une médaille commémorative portant l'inscription latine "Afflavit Deus et dissipati sunt" ("Dieu a soufflé et ils ont été dispersés"), attribuant explicitement la victoire à la Providence divine (via la tempête) plutôt qu'à la seule puissance de ses armes.

Le sort des naufragés en Irlande

Des milliers de naufragés espagnols arrivèrent sur les côtes d'Irlande. Beaucoup furent massacrés par les autorités anglaises locales ou par des habitants. Quelques-uns, cependant, trouvèrent refuge auprès de chefs de clan irlandais, également ennemis de la couronne anglaise.

Sources

  • Geoffrey Parker, "The Grand Strategy of Philip II" (1998) et "The Spanish Armada" (avec Colin Martin, 1988).
  • John H. Elliott, "Imperial Spain: 1469-1716" (1963).
  • Neil Hanson, "The Confident Hope of a Miracle: The True History of the Spanish Armada" (2003).
  • Documents du National Maritime Museum (Greenwich, Londres) et du Archivo General de Simancas (Espagne).
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