Introduction
Les Hittites, ou Hatti, furent une civilisation indo-européenne qui établit un empire puissant en Anatolie (actuelle Turquie) et rivalisa avec l'Égypte et l'Assyrie pour la domination du Proche-Orient ancien. Leur capitale, Hattusa, était une cité fortifiée impressionnante. Longtemps oubliés et mentionnés uniquement dans la Bible, leur redécouverte au XIXe siècle a révolutionné notre compréhension de l'âge du bronze.
Origines
Les Hittites sont issus de peuples indo-européens qui migrèrent en Anatolie vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C. Ils s'installèrent parmi les populations hatties autochtones, dont ils adoptèrent le nom et certains éléments culturels. Leur histoire est traditionnellement divisée en Ancien Royaume (c. 1650-1500), période intermédiaire, et Nouvel Empire ou Empire (c. 1350-1180). Labarna Ier, considéré comme le fondateur de la royauté hittite, et son successeur Hattusili Ier, qui établit la capitale à Hattusa, jetèrent les bases de l'État.
Organisation
La société hittite était une monarchie fortement centralisée. Le roi, titré Labarna puis plus souvent « Mon Soleil », était à la fois chef militaire, grand prêtre et juge suprême. La reine (Tawananna) jouait un rôle religieux et politique considérable, souvent indépendant. L'administration était hiérarchisée, avec des gouverneurs provinciaux et une aristocratie guerrière. L'économie reposait sur l'agriculture, l'élevage, mais surtout sur le contrôle des routes commerciales et des riches mines de cuivre, d'argent et, plus tard, de fer.
Religion
Polythéiste et syncrétique, la religion hittite intégrait un millier de divinités issues des traditions hatties, hourrites, mésopotamiennes et indo-européennes. Le dieu de l'Orage, Teshub (hourrite) ou Tarhun (hittite), et la déesse-soleil d'Arinna étaient les figures majeures. Les rituels, extrêmement codifiés, visaient à maintenir l'ordre cosmique et l'harmonie avec les dieux. Le roi était le pontife suprême, garant du « pacte » avec les divinités.
Apogee
L'apogée de l'empire hittite se situe sous le Nouvel Empire, notamment sous les règnes de Suppiluliuma Ier (c. 1350-1322) et de son fils Mursili II. Suppiluliuma étendit l'empire jusqu'en Syrie, annexant le royaume hourrite du Mitanni et réduisant l'Égypte au statut de rival égal. Cet affrontement culmina avec la célèbre bataille de Qadesh (c. 1274 av. J.-C.) contre Ramsès II, qui aboutit au premier traité de paix international connu, gravé sur des tablettes d'argent et d'argile. L'empire contrôlait alors un vaste territoire de la mer Égée à l'Euphrate.
Declin
Le déclin fut rapide et brutal vers 1200 av. J.-C., pendant les grands bouleversements de la fin de l'âge du bronze. Une combinaison de facteurs est invoquée : sécheresses et famines répétées, troubles internes, pression des peuples de la mer sur les côtes, et raids des Gasgas (Kaskas) au nord. Hattusa fut systématiquement incendiée et abandonnée vers 1180 av. J.-C. L'empire s'effondra, laissant place à une constellation de petits royaumes néo-hittites et araméens en Syrie, qui perpétuèrent certains aspects de la culture hittite jusqu'au VIIIe siècle av. J.-C.
Heritage
L'héritage hittite est considérable. Ils furent des pionniers dans l'utilisation systématique du fer, technologie qui se diffusa après leur chute. Leur système juridique, connu par des codes, était remarquablement avancé, privilégiant souvent des compensations financières aux peines corporelles. Leur diplomatie et leurs traités (comme celui de Qadesh) ont laissé un modèle. Leur écriture cunéiforme adaptée et leurs vastes archives royales (découvertes à Hattusa) constituent une source inestimable pour l'histoire du Proche-Orient. Enfin, leur rôle d'intermédiaire culturel entre la Mésopotamie et le monde égéen fut crucial.
