Empire du Ghana

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Premier grand empire d'Afrique de l'Ouest, surnommé 'le pays de l'or', qui domina le commerce transsaharien entre le VIIIe et le XIIIe siècle grâce à sa maîtrise des échanges d'or, de sel et d'esclaves.

Introduction

L'Empire du Ghana, également connu sous le nom de Wagadou par ses habitants Soninké, fut la première puissance politique majeure à émerger en Afrique subsaharienne. Il ne doit pas être confondu avec l'actuel État du Ghana, situé plus au sud. Sa renommée fut telle dans le monde arabo-musulman médiéval qu'il fut décrit par des géographes comme Al-Bakri et Al-Idrisi, qui en firent le récit d'une terre de fabuleuses richesses, gouvernée par un monarque tout-puissant.

Origines

Les origines de l'empire remontent probablement au IVe siècle de notre ère, avec la formation d'un royaume par le peuple Soninké. La tradition orale attribue sa fondation à un héros mythique, Dinga Cissé. L'État se structure progressivement autour de sa capitale, Koumbi Saleh (dans l'actuelle Mauritanie), qui deviendra une métropole cosmopolite. L'essor décisif intervient à partir du VIIIe siècle, lorsque l'empire parvient à prendre le contrôle des principales routes commerciales transsahariennes.

Organisation

L'empire était une monarchie sacrée, dirigée par un roi appelé *Ghana* ou *Kaya Maghan* ('roi de l'or'). Ce souverain détenait un pouvoir absolu, contrôlant le commerce de l'or et rendant la justice. La société était fortement hiérarchisée, avec une aristocratie guerrière et administrative, des marchands, des artisans, des agriculteurs libres et des esclaves. L'armée, formidable, était composée de cavaliers et d'archers, assurant la sécurité des routes commerciales et la domination sur les peuples vassaux.

Religion

À l'origine, la religion de l'empire était animiste, centrée sur le culte des ancêtres et des forces de la nature. Le roi jouait un rôle de grand prêtre. À partir du IXe siècle, l'islam pénétra progressivement par l'intermédiaire des marchands et érudits berbères et arabes. Une coexistence pragmatique s'instaura : l'élite commerciale et administrative de la capitale adopta l'islam (la ville comptait douze mosquées), tandis que la cour royale et la majorité de la population rurale conservèrent les traditions animistes, le roi ne se convertissant qu'en privé pour des raisons diplomatiques.

Apogee

L'apogée de l'Empire du Ghana se situe entre le IXe et le milieu du XIe siècle. Il fonctionnait comme un véritable intermédiaire commercial entre les régions productrices d'or du sud (Bambouk, Bure) et les marchands du Maghreb et du Moyen-Orient, avides de ce métal précieux. L'empire échangeait l'or contre du sel, vital pour la conservation des aliments, venant des mines du Sahara (comme Taghaza), ainsi que des produits de luxe, des chevaux et des livres. Le roi détenait un quasi-monopole sur les pépites d'or, laissant la poussière d'or au commerce, ce qui renforçait sa puissance et son mystère.

Declin

Le déclin commença au milieu du XIe siècle. En 1076, la capitale Koumbi Saleh fut prise et occupée pendant une quinzaine d'années par les Almoravides, un mouvement berbère rigoriste venu du Sahara. Bien que l'empire ait retrouvé son indépendance, cette invasion affaiblit durablement son autorité centrale et perturba les circuits commerciaux. Par la suite, la surexploitation des terres, des sécheresses et la révolte de peuples vassaux, notamment les Sosso du royaume de Kaniaga, accélérèrent la chute. En 1240, le souverain sosso Soumangourou Kanté puis, définitivement, le fondateur de l'Empire du Mali, Soundiata Keïta, mirent fin à l'Empire du Ghana.

Heritage

L'héritage du Ghana est immense. Il établit le modèle politique et économique qui sera repris et amplifié par les grands empires subsahariens suivants : le Mali et le Songhaï. Il démontra la viabilité et la richesse des États organisés en Afrique de l'Ouest, bien avant les contacts européens. Son contrôle du commerce de l'or fit la renommée de l'Afrique dans le monde méditerranéen médiéval. Enfin, il laissa un héritage culturel et social durable chez les Soninké, dispersés dans toute la région.

Sources

  • Al-Bakri, 'Kitab al-Masalik wa'l-Mamalik' ('Le Livre des Routes et des Royaumes'), 1068.
  • Al-Idrisi, géographe du XIIe siècle.
  • Traditions orales des griots Soninké et Malinké.
  • Archéologie du site de Koumbi Saleh.
  • Nehemia Levtzion, 'Ancient Ghana and Mali' (1973).
  • Djibril Tamsir Niane, 'Histoire générale de l'Afrique, Vol. IV' (UNESCO).
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