Introduction
La bataille des Thermopyles est un événement fondateur de l'histoire occidentale, survenu en août 480 av. J.-C. Elle constitue l'un des épisodes les plus célèbres des Guerres médiques, opposant l'Empire perse achéménide, dirigé par le roi Xerxès Ier, à une coalition de cités-États grecques. Le nom 'Thermopyles' signifie 'les Portes Chaudes', en référence à ses sources thermales. Ce défilé étroit, entre la montagne et la mer, offrait un avantage tactique décisif pour une force défensive inférieure en nombre.
Description
L'armée perse, décrite par l'historien Hérodote comme forte de plusieurs centaines de milliers d'hommes (chiffres probablement exagérés, les estimations modernes parlant de 70 000 à 300 000 hommes), avançait vers la Grèce centrale. Pour la contrer, une alliance de cités grecques, dirigée par Sparte et Athènes, décida de bloquer l'envahisseur au niveau le plus étroit du défilé des Thermopyles, où seulement quelques dizaines d'hommes pouvaient tenir front. La force grecque était principalement composée de 300 hoplites spartiates d'élite (accompagnés de quelques centaines d'hilotes, serviteurs), ainsi que de contingents venus de diverses cités comme Thèbes, Thespies, Phocide et l'Arcadie, portant le total à environ 7 000 hommes au début de la bataille. Léonidas, le roi de Sparte, en assumait le commandement suprême.
Histoire
Pendant deux jours, les Grecs repoussèrent avec succès les assauts frontaux des Perses, infligeant de lourdes pertes grâce à leur armure supérieure, leur longue lance et leur formation de phalange dans l'étroit passage. Xerxès engagea ses troupes d'élite, les 'Immortels', mais sans succès. Cependant, le troisième jour, un traître grec du nom d'Éphialtès révéla aux Perses l'existence d'un sentier de montagne (le chemin d'Anopée) permettant de contourner la position grecque. Prévenu de cette manœuvre, Léonidas renvoya la majeure partie de l'armée alliée pour éviter un encerclement total. Il choisit de rester sur place avec ses 300 Spartiates, ainsi que 700 Thespiens (qui refusèrent de partir) et 400 Thébains (dont la loyauté est discutée), pour couvrir la retraite et livrer un combat sacrificiel. Encerclés, les derniers défenseurs se battirent jusqu'à la mort sur une petite colline, tuant autant d'ennemis que possible. Léonidas tomba au combat, son corps fut récupéré et mutilé par Xerxès.
Caracteristiques
Cette bataille est un exemple classique de combat dans un défilé, où la topographie neutralise l'avantage numérique. Elle illustre parfaitement la doctrine militaire spartiate : ne jamais reculer, tenir sa position jusqu'à la mort, conformément aux lois de Lacédémone. La tactique de la phalange hoplitique, avec ses boucliers (aspis) imbriqués et ses longues lances (dory), se révéla dévastatrice dans un espace confiné contre des troupes perses plus légèrement équipées. Le rôle de la trahison et de la connaissance du terrain fut également décisif dans l'issue du combat.
Importance
Malgré la défaite tactique et l'ouverture de la Béotie et de l'Attique aux Perses, la bataille des Thermopyles eut une immense importance stratégique et morale. Elle retarda l'avance perse, permit à la flotte grecque de se préparer pour la bataille décisive de Salamine, et donna aux Athéniens le temps d'évacuer leur cité. Surtout, elle devint un mythe fondateur de la résistance grecque et un symbole universel du courage face à des odds insurmontables. Le sacrifice des Spartiates et de leurs alliés galvanisa le reste de la Grèce. La célèbre épitaphe du poète Simonide de Céos, 'Étranger, va dire à Sparte que nous gisons ici pour avoir obéi à ses lois', résume l'esprit de ce sacrifice pour la liberté commune. L'événement a été immortalisé par Hérodote, puis par la culture populaire moderne, servant d'archétype à l'héroïsme désespéré.
