Introduction
La bataille de Little Bighorn, souvent appelée "Custer's Last Stand", est un événement emblématique et controversé de la conquête de l'Ouest américain. Elle s'inscrit dans le contexte plus large de la Grande Guerre des Sioux de 1876, déclenchée par la violation du traité de Fort Laramie (1868) et l'afflux de chercheurs d'or dans les Black Hills, un territoire sacré pour les Lakotas. L'armée américaine lance une vaste campagne pour forcer les tribus nomades à regagner leurs réserves.
Description
Le 25 juin 1876, près de la rivière Little Bighorn dans le territoire du Montana, le lieutenant-colonel George Armstrong Custer, à la tête du 7e régiment de cavalerie, attaque un vaste village rassemblant principalement des Lakotas (Sioux) sous les chefs Sitting Bull et Crazy Horse, ainsi que des Cheyennes du Nord. Croyant avoir affaire à un groupe plus petit et vulnérable, Custer divise ses forces en trois bataillons. Ignorant l'ampleur réelle du camp (estimé à 7 000 à 10 000 personnes, dont 1 500 à 2 000 guerriers), il lance une attaque frontale avec environ 210 hommes de son bataillon personnel. Les guerriers lakotas et cheyennes, supérieurs en nombre, mieux armés et galvanisés par la vision prophétique de Sitting Bull, encerclent et anéantissent complètement le bataillon de Custer sur une colline, en moins d'une heure. Les deux autres bataillons, commandés par les majors Marcus Reno et Frederick Benteen, subissent également de lourdes pertes et sont assiégés pendant deux jours avant l'arrivée des renforts.
Histoire
La campagne est planifiée par le général Philip Sheridan. Trois colonnes convergent vers la région de la Powder River. Custer fait partie de la colonne du général Alfred Terry. Le 25 juin au matin, des éclaireurs repèrent le village. Custer, craignant que l'ennemi ne s'échappe, décide d'attaquer immédiatement sans attendre le gros des troupes de Terry. Il ordonne à Reno d'attaquer le sud du village, tandis que Benteen est envoyé en reconnaissance sur la gauche. Custer lui-même contourne par le nord. L'attaque de Reno est repoussée, forçant ses hommes à se retrancher sur une colline. Custer, isolé, est submergé. Les survivants de Reno et Benteen résistent jusqu'au 27 juin, date à laquelle la colonne de Terry arrive et les Amérindiens, ayant appris son approche, lèvent le camp.
Caracteristiques
La bataille est un exemple classique de combat asymétrique où la connaissance du terrain, la mobilité et la motivation des guerriers amérindiens ont surpassé la discipline et la technologie (fusils à un coup Springfield) de la cavalerie régulière. Les Amérindiens étaient équipés d'armes à répétition (carabines Henry et Winchester) procurant une puissance de feu supérieure à courte portée. La décision catastrophique de Custer de diviser ses forces face à un adversaire numériquement très supérieur, combinée à une sous-estimation flagrante de l'ennemi et à un manque de reconnaissance adéquate, sont les causes militaires directes du désastre.
Importance
L'impact de Little Bighorn fut immense et contradictoire. À court terme, c'est une victoire politique et morale retentissante pour les nations des Plaines. Cependant, elle provoqua un choc national aux États-Unis et devint un puissant catalyseur pour une réponse militaire écrasante. L'armée américaine, humiliée, intensifia ses efforts. En moins d'un an, la plupart des tribus étaient vaincues, leurs réserves de bisons épuisées, et elles furent contraintes de se rendre. Sitting Bull s'exila au Canada. Crazy Horse se rendit en 1877. La bataille scella symboliquement le destin des peuples libres des Plaines et ouvrit la voie à l'appropriation définitive des Black Hills. Elle devint un mythe fondateur américain, transformant Custer en héros tragique dans la culture populaire pendant des décennies, avant que les perspectives historiques ne se rééquilibrent pour rendre justice au point de vue amérindien.
