Introduction
La bataille de Berlin constitue l'épilogue apocalyptique de la guerre sur le front de l'Est. Après avoir percé les défenses allemandes sur l'Oder et la Neisse, les forces soviétiques du maréchal Joukov et du maréchal Koniev convergent vers la capitale encerclée, déterminées à prendre la ville avant les Alliés occidentaux. Face à elles, une garnison hétéroclite composée de la Wehrmacht, des SS, de la Volkssturm (milice populaire) et des Jeunesses hitlériennes, commandée par le général Gotthard Heinrici puis le général Helmuth Weidling.
Description
L'offensive soviétique débute le 16 avril 1945 par un bombardement d'artillerie colossal sur les hauteurs de Seelow, dernier rempart naturel avant Berlin. Après des combats acharnés, la ligne est percée. Le 20 avril, jour de l'anniversaire d'Hitler, l'artillerie soviétique commence à pilonner le centre-ville. Les armées soviétiques encerclent complètement Berlin le 25 avril. Les combats se transforment alors en une guerre de rue brutale et au corps-à-corps, mètre par mètre, dans les ruines. Les Soviétiques utilisent des tactiques de 'groupes d'assaut' combinant infanterie, chars, sapeurs et artillerie pour réduire les points d'appui. Les derniers combats se concentrent autour du Reichstag, symbole du pouvoir nazi, dont la prise le 2 mai après une lutte féroce devient l'image iconique de la victoire soviétique.
Histoire
La décision de défendre Berlin à tout prix fut prise par Hitler, refusant toute capitulation et ordonnant la destruction des infrastructures (décret 'Nerón'). La 9e armée allemande, tentant de briser l'encerclement, est anéantie. Dans son Führerbunker, Hitler se suicide le 30 avril. Le 2 mai, le général Weidling, commandant de la zone de défense de Berlin, signe la capitulation inconditionnelle de la garnison. Des combats sporadiques continuent jusqu'au 8 mai, date de la capitulation générale allemande.
Caracteristiques
La bataille se distingue par son caractère total et sa violence extrême. C'est une bataille urbaine à grande échelle, avec des pertes civiles colossales dues aux bombardements, aux combats de rue et aux exactions. Les Soviétiques déploient une supériorité écrasante en hommes (plus de 2,5 millions) et en matériel (6 250 chars, 7 500 avions). Les défenseurs, environ 800 000 hommes, sont mal équipés et démoralisés. La bataille est marquée par des pillages, des viols massifs et des vengeances de la part des troupes soviétiques, alimentées par la propagande et le désir de revanche pour les souffrances endurées par l'URSS.
Importance
La chute de Berlin scelle la défaite militaire définitive de l'Allemagne nazie et la fin de la guerre en Europe (VE-Day). Elle consacre l'URSS comme superpuissance et lui accorde une position dominante en Europe centrale et orientale, jetant les bases de la Guerre Froide et de la division de l'Allemagne. La prise de la ville par les Soviétiques seule, et non par les Alliés occidentaux, a des conséquences géopolitiques majeures, notamment la division de Berlin en quatre secteurs d'occupation, prélude au blocus de 1948-1949 et à la construction du Mur en 1961. La bataille reste un pilier de la mémoire historique russe, célébrée comme le 'Grand exploit patriotique'.
