Introduction
La bataille de Midway est souvent considérée comme le tournant décisif de la guerre du Pacifique. Six mois après l'attaque de Pearl Harbor, la marine impériale japonaise, commandée par l'amiral Isoroku Yamamoto, lance une opération complexe visant à attirer et détruire les derniers porte-avions américains restants et à s'emparer de l'atoll stratégique de Midway. Les États-Unis, ayant percé une partie du code naval japonais JN-25, connaissent le plan et tendent une embuscade. Le résultat est une victoire américaine écrasante qui renverse le rapport de force dans le Pacifique.
Description
La bataille fut principalement aéronavale, les flottes ne se voyant pratiquement jamais. Les forces japonaises comprenaient quatre grands porte-avions d'élite (Akagi, Kaga, Soryu, Hiryu), une puissante force de couverture et des navires de transport pour l'invasion. Les Américains, sous le commandement des amiraux Chester W. Nimitz (stratégique) et Raymond Spruance (tactique), alignaient trois porte-avions (Enterprise, Hornet, et le réparé à la hâte Yorktown). Le 4 juin, les Japonais lancent un raid sur Midway. Les contre-attaques aériennes américaines initiales (par des bombardiers-torpilleurs et des avions basés à terre) échouent lourdement. Cependant, elles désorganisent la défense japonaise. Au moment crucial où les avions japonais étaient en train de réarmer sur les ponts, des escadrilles de bombardiers en piqué américains (SBD Dauntless) arrivèrent sans être détectés et coulèrent en quelques minutes trois des quatre porte-avions japonais (Akagi, Kaga, Soryu). Le quatrième, le Hiryu, lança une contre-attaque qui endommagea mortellement le Yorktown, avant d'être à son coulé plus tard dans la journée. Le Yorktown, ainsi que le destroyer Hammann, furent finalement coulés par un sous-marin japonais le 7 juin.
Histoire
Le plan japonais, l'opération MI, était excessivement complexe et reposait sur la surprise et la supériorité numérique. Yamamoto avait divisé sa flotte, dispersant ses forces, notamment en envoyant une force d'invasion vers les Aléoutiennes (Alaska) dans une diversion. Les services de renseignement américains, dirigés par le commandant Joseph Rochefort à Station Hypo à Pearl Harbor, réussirent à confirmer que Midway était la cible principale et à en déterminer la date approximative. Grâce à cette intelligence, Nimitz put positionner ses trois porte-avions au nord-est de Midway, dans une position d'« embuscade » appelée « Point Chance ». La bataille fut livrée par les aviateurs navals, dont les décisions rapides de Spruance et les sacrifices héroïques des escadrilles de torpilleurs (comme le Torpedo Squadron 8, entièrement détruit) furent déterminants.
Caracteristiques
C'est une bataille de renseignement (ULTRA), de technologie (porte-avions, bombardiers en piqué) et de chance. Elle illustre le passage définitif de la suprématie du cuirassé à celle du porte-avions comme capital ship. Les caractéristiques clés incluent : la centralité du renseignement cryptographique, la vitesse de décision des commandants sur place (Spruance), la vulnérabilité des porte-avions lors des opérations de réarmement sur le pont d'envol, et l'importance de la reconnaissance aérienne. La bataille fut rapide et brutale, la décision étant scellée en moins de cinq minutes lors de l'attaque des bombardiers en piqué.
Importance
L'importance de Midway est immense. Stratégiquement, elle mit fin à l'offensive japonaise dans le Pacifique central. La perte de quatre porte-avions d'élite et, surtout, de leurs pilotes et équipages expérimentés (plus de 3 000 hommes) fut un coup dont la marine japonaise ne se remit jamais. Elle perdit l'initiative, qui passa définitivement aux États-Unis. Cette victoire permit aux Américains de lancer leurs premières offensives majeures, comme le débarquement à Guadalcanal en août 1942. Psychologiquement, elle redonna confiance à l'Amérique après une série de défaites. Militairement, elle valida la doctrine du porte-avions et changea à jamais la nature de la guerre navale.
