Introduction
Dominant la partie orientale de Java, le Semeru est un géant majestueux et redoutable. Situé dans le parc national de Bromo-Tengger-Semeru, il forme un contraste saisissant avec les vastes caldeiras voisines comme le Tengger. Son activité incessante, marquée par des panaches de cendres réguliers, en fait un élément central du paysage et de la culture locale, mais aussi une menace permanente pour les populations environnantes. Son nom, Mahameru, signifie 'Grande Montagne' en sanskrit, évoquant le mythique Mont Meru, axe du cosmos dans l'hindouisme et le bouddhisme.
Description
Le Semeru est un stratovolcan classique, de forme conique presque parfaite, construit par l'empilement de coulées de lave et de dépôts pyroclastiques. Son sommet est couronné par le cratère Jonggring Saloko, d'où émanent en permanence des fumerolles et des panaches de cendres grisâtres. L'activité typique du Semeru est de type strombolien : des explosions modérées se produisent à intervalles réguliers (toutes les 20 à 30 minutes en période d'activité normale), projetant des bombes volcaniques incandescentes et des cendres à quelques centaines de mètres de hauteur. Cette activité est souvent entrecoupée de phases plus violentes générant des coulées pyroclastiques (nuées ardentes) qui dévalent les flancs du volcan, principalement vers le sud-est. Ses pentes sont profondément entaillées par des vallées radiales et couvertes de dépôts d'éruptions récentes, limitant la végétation près du sommet.
Histoire
Le Semeru est un volcan jeune, dont la croissance a commencé il y a environ 10 000 ans au sud du massif plus ancien du Tengger. Son histoire éruptive est longue et documentée, avec des éruptions enregistrées depuis 1818. L'activité est quasi-continue depuis 1967, classant le Semeru parmi les volcans les plus persistants du monde. Les éruptions majeures sont fréquentes et souvent dévastatrices. En 1981, une puissante explosion a provoqué des coulées pyroclastiques faisant plus de 250 victimes. Plus récemment, l'éruption de décembre 2021 a été catastrophique : un effondrement partiel du dôme de lave a déclenché une immense nuée ardente et des lahars (coulées de boue volcanique) qui ont ravagé le village de Curah Kobokan, causant la mort d'au moins 57 personnes, en blessant des centaines d'autres et déplaçant des milliers d'habitants. Cet événement a rappelé la dangerosité extrême de ce volcan.
Caracteristiques
Localisation : Java Est, Indonésie (8°06'28"S, 112°55'19"E). Altitude : 3 676 m (point culminant de Java). Type : Stratovolcan andésitique. Type d'éruption : Strombolienne, avec phases vulcaniennes et coulées pyroclastiques. Activité : En éruption permanente (persistante) depuis 1967. Structure : Présence d'un dôme de lave dans le cratère sommital. Aléas principaux : Explosions de cendres, coulées pyroclastiques, lahars (particulièrement durant la saison des pluies), chutes de bombes volcaniques et émissions de gaz toxiques. Surveillance : Étroitement surveillé par le Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG) indonésien, avec des sismographes, des caméras, des capteurs de déformation et des observations visuelles quotidiennes.
Importance
Le Semeru revêt une importance multiple. D'un point de vue géologique, c'est un laboratoire naturel pour l'étude d'une activité volcanique persistante de type strombolien et des mécanismes générateurs de coulées pyroclastiques. Son danger permanent en fait un site prioritaire pour la recherche sur la prévision des éruptions et la gestion des risques en Indonésie, pays à la densité volcanique unique. Culturellement, il est sacré pour les populations hindouistes et javanaises locales, perçu comme la demeure des dieux. Économiquement et humainement, sa présence est ambivalente : ses sols fertiles attirent une agriculture dense, mais des dizaines de milliers de personnes vivent dans des zones à haut risque. Les éruptions récurrentes causent régulièrement des pertes en vies humaines, des destructions d'infrastructures et des perturbations agricoles, posant un défi constant aux autorités. Son ascension, bien que périlleuse, attire également des randonneurs expérimentés, ajoutant une dimension touristique à son importance.
