Introduction
Le Mont Cameroun, également connu sous les noms locaux de Mongo ma Ndemi ou Fako, est un stratovolcan massif situé près du golfe de Guinée, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. S'élevant à 4 040 mètres d'altitude, il constitue le point culminant de l'Afrique de l'Ouest et centrale. Ce volcan, l'un des rares en Afrique à présenter une activité éruptive régulière en dehors de la vallée du Grand Rift, domine le paysage et joue un rôle central dans la culture, l'économie et l'environnement de la région.
Description
Le Mont Cameroun est un stratovolcan basaltique à trachybasaltique, caractérisé par sa forme massive et ses pentes raides. Son sommet est couronné par un plateau sommital d'où émergent plusieurs cônes parasites et cratères. Le volcan est le produit du point chaud du Cameroun, une anomalie magmatique profonde responsable de l'alignement volcanique qui s'étend du lac Tchad jusqu'à l'île de São Tomé, en passant par les monts Mandara et le plateau de l'Adamaoua. Son activité est de type strombolienne à hawaïenne, produisant principalement des coulées de lave fluides qui peuvent parcourir de longues distances. La végétation est étagée : une forêt tropicale humide dense et luxuriante à la base, une forêt de nuage à mi-hauteur, puis des prairies d'altitude (landes) et une zone quasi-désertique près du sommet. Cette diversité abrite une faune remarquable, incluant des primates menacés comme le drill et le chimpanzé du Nigeria-Cameroun.
Histoire
Les premières observations historiques d'éruption remontent au Ve siècle avant J.-C., rapportées par le navigateur carthaginois Hannon. Les éruptions modernes bien documentées ont commencé au XXe siècle, avec des événements majeurs en 1909, 1922, 1954, 1982, 1999, 2000 et 2012. L'éruption de 1999, notamment, a produit une coulée de lave qui s'est arrêtée à seulement quelques centaines de mètres de l'océan Atlantique, menaçant la ville côtière de Bakingili. L'ascension du volcan a une longue histoire, avec la première ascension européenne attribuée au botaniste britannique Gustav Mann en 1861. La région est habitée depuis des millénaires par des peuples tels que les Bakweri, pour qui la montagne est sacrée et considérée comme la demeure des dieux et des ancêtres.
Caracteristiques
Altitude : 4 040 m (variable selon les éruptions). Type : Stratovolcan basaltique actif. Dernière éruption : 2012. Activité : Éruptions fréquentes (environ une par décennie au XXe/XXIe siècle). Produits éruptifs : Coulées de lave fluides (basaltes), fontaines et cônes de scories. Gaz : Émissions significatives de dioxyde de soufre (SO2). Alignement volcanique : Point chaud du Cameroun. Précipitations : Flanc sud-ouest extrêmement humide (plus de 10 mètres de pluie par an), l'un des endroits les plus arrosés de la planète. Biodiversité : Point chaud de la région guinéenne des forêts d'Afrique de l'Ouest.
Importance
Le Mont Cameroun est d'une importance multidimensionnelle. Écologiquement, c'est une réserve de biosphère reconnue par l'UNESCO, abritant des espèces endémiques de flore et de faune. Économiquement, ses flancs fertiles sont le berceau d'une agriculture de plantation (bananes, thé, huile de palme) et d'une importante production de vin de palme. La ville de Buéa, ancienne capitale coloniale allemande, s'est développée à ses pieds. Culturellement, il est au cœur des mythes et traditions des peuples autochtones. Scientifiquement, c'est un laboratoire naturel pour l'étude du volcanisme intraplaque et de l'évolution des écosystèmes. Sportivement, la course d'ascension du Mont Cameroun (la 'Course de l'Espoir') est un événement international réputé pour sa difficulté. Son activité permanente en fait également un risque naturel à gérer pour les populations locales.
