Introduction
Le Tadjikistan, indépendant depuis 1991 après la dissolution de l'URSS, est le seul État d'Asie centrale dont la langue officielle est de souche persane (tadjik) plutôt que turcique. Il est souvent considéré comme le berceau de la culture persane dans la région. Pays pauvre en ressources mais riche en potentiel hydroélectrique, il a traversé une guerre civile dévastatrice (1992-1997) après son indépendance. Sa société est majoritairement jeune et rurale, et le pays entretient des relations étroites avec la Russie et la Chine.
Geographie
Le Tadjikistan est le pays le plus montagneux d'Asie centrale, avec plus de 90% de son territoire couvert de montagnes. La moitié du pays se situe au-dessus de 3 000 mètres d'altitude. Il abrite des chaînes majeures comme le Pamir (surnommé le 'Toit du Monde') et les monts Alaï. Le point culminant, le pic Ismoil Somoni (ancien pic du Communisme), atteint 7 495 m. Les principaux cours d'eau sont l'Amou-Daria, le Syr-Daria et le Vakhch. Le pays possède d'immenses ressources en eau, notamment sous forme de glaciers (plus de 60% des réserves d'eau de l'Asie centrale), et le lac Karakul est l'un des plus hauts lacs de montagne au monde. Les vallées, comme celle de Ferghana (partagée avec l'Ouzbékistan et le Kirghizistan), concentrent l'essentiel de l'activité agricole.
Histoire
Le territoire actuel du Tadjikistan a été habité depuis l'Antiquité, traversé par les empires perses achéménides et sassanides, puis par Alexandre le Grand. Il fut un carrefour important sur la Route de la Soie. Conquis par les Arabes au VIIIe siècle, il adopta l'islam. Il passa ensuite sous la domination de divers empires perses et turco-mongols (Samanides, Timourides). Au XIXe siècle, il fut intégré à l'Empire russe, puis devint une république de l'Union soviétique en 1929. La période soviétique vit la délimitation des frontières actuelles, une industrialisation partielle et une russification importante. L'indépendance en 1991 fut suivie d'une guerre civile sanglante (1992-1997) entre factions régionales et idéologiques. Un accord de paix en 1997 a instauré une stabilité relative sous l'autorité du président Emomali Rahmon, au pouvoir depuis 1992.
Politique
Le Tadjikistan est une république présidentielle, souvent décrite comme autoritaire. Le pouvoir est fortement concentré entre les mains du président Emomali Rahmon, réélu à plusieurs reprises et dont le mandat a été prolongé par des référendums constitutionnels. Le Parti démocratique populaire du Tadjikistan (PDPT) domine le Parlement. L'opposition politique est très limitée, et le Parti de la Renaissance islamique, principal mouvement d'opposition, a été interdit en 2015 comme organisation terroriste. La sécurité de l'État est un enjeu majeur, avec une présence militaire russe importante et des préoccupations concernant l'extrémisme religieux provenant de l'Afghanistan voisin.
Economie
L'économie du Tadjikistan est l'une des plus pauvres de l'ex-URSS. Elle repose largement sur les transferts de fonds des travailleurs migrants (estimés à environ 30% du PIB), principalement en Russie. L'agriculture (coton, fruits) et l'industrie légère sont des secteurs clés. Le pays possède un immense potentiel hydroélectrique, exploité par de grands barrages comme celui de Rogun, et exporte de l'électricité vers ses voisins. Il dispose également de ressources minières (argent, or, aluminium). L'industrie de l'aluminium, centrée sur l'usine TALCO, est un pilier historique mais vulnérable. L'économie souffre de la corruption, d'une faible diversification, de l'enclavement géographique et de tensions avec l'Ouzbékistan sur les questions d'eau et d'énergie.
Culture
La culture tadjike est profondément persane, partageant langue, littérature et traditions avec l'Iran et l'Afghanistan. Le tadjik est une variante du persan écrit en alphabet cyrillique. Les célébrations du Nowrouz (Nouvel An persan) sont majeures. L'islam sunnite de l'école hanafite est la religion majoritaire, avec une minorité ismaélienne dans le Pamir. La musique (shashmaqom), la poésie (Rudaki, considéré comme le père de la poésie persane, était tadjik) et les arts traditionnels (broderie, tissage de tapis) sont très vivants. La société est structurée autour de fortes identités régionales (Khoujand, Khatlon, Pamir) et claniques. La famille occupe une place centrale.
Tourisme
Le tourisme, encore naissant, se développe autour des paysages spectaculaires et du trekking en haute montagne. La route du Pamir, l'une des plus hautes routes du monde, est une attraction majeure pour les aventuriers. Les régions du Pamir et du Haut-Badakhchan offrent des paysages lunaires, des lacs d'altitude (Karakul, Sarez) et une culture ismaélienne unique. Les sites historiques incluent la citadelle de Khoudjand, les ruines de la ville soggdienne de Pendjikent, et le mausolée de Mir Sayyid Ali Hamadani à Koulob. Douchanbé propose des musées, comme le Musée national des antiquités du Tadjikistan qui abrite un Bouddha couché de 13 mètres. L'infrastructure touristique reste basique en dehors de la capitale.
