Soudan du Sud

Le Soudan du Sud est le plus jeune État souverain du monde, ayant obtenu son indépendance du Soudan en 2011 après des décennies de guerre civile. Pays enclavé d'Afrique de l'Est, il est riche en ressources naturelles (pétrole) mais reste l'un des plus pauvres et fragiles au monde, ravagé par des conflits internes et des crises humanitaires profondes.

Introduction

Le Soudan du Sud est né le 9 juillet 2011, suite à un référendum d'autodétermination où près de 99% de la population du Sud Soudan a voté pour la sécession. Sa création fut l'aboutissement de la seconde guerre civile soudanaise (1983-2005), l'un des conflits les plus longs et meurtriers d'Afrique. Malgré l'espoir porté par l'indépendance, le pays a rapidement sombré dans une guerre civile en décembre 2013, opposant principalement les forces loyales au président Salva Kiir (ethnie Dinka) et celles du vice-président déchu Riek Machar (ethnie Nuer). Bien qu'un accord de paix ait été signé en 2018, la situation reste extrêmement volatile, marquée par une violence chronique, des déplacements massifs de population et une dépendance critique à l'aide humanitaire.

Geographie

Le Soudan du Sud est un vaste pays enclavé, caractérisé par de vastes plaines et marécages, notamment la région du Sudd, l'un des plus grands marécages tropicaux du monde, alimenté par le Nil Blanc. Le climat est tropical avec une saison des pluies prononcée. Le pays possède des ressources hydriques abondantes grâce au Nil et ses affluents, mais une grande partie du territoire est sujette aux inondations. Les paysages varient entre la savane arborée, les forêts-galeries le long des cours d'eau et les montagnes à la frontière avec l'Ouganda (mont Kinyeti, point culminant à 3 187 m). La faune est riche mais menacée par le braconnage et les conflits.

Histoire

L'histoire moderne du Soudan du Sud est indissociable de son conflit avec le Nord. La première guerre civile (1955-1972) éclate avant même l'indépendance du Soudan en 1956, motivée par des griefs politiques, économiques et religieux (le Sud étant majoritairement animiste et chrétien, le Nord musulman). L'accord d'Addis-Abeba en 1972 accorde une autonomie relative, mais elle est abolie en 1983 par le président Nimeiry, déclenchant la seconde guerre civile. Dirigée par l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) de John Garang, cette guerre fit environ 2 millions de morts. L'Accord de paix global (CPA) de 2005 mit fin au conflit et prévoyait un référendum d'autodétermination, menant à l'indépendance en 2011. La lutte pour le pouvoir au sein de la nouvelle élite dirigeante a cependant plongé le pays dans une nouvelle guerre civile dès 2013.

Politique

Le Soudan du Sud est une république présidentielle. Le président est à la fois chef de l'État et du gouvernement. Le système politique, défini par la Constitution de transition de 2011, est fragile. Le pays est gouverné par une coalition issue de l'accord de paix revitalisé de 2018 (R-ARCSS), avec Salva Kiir comme président et Riek Machar comme premier vice-président. Le parlement est bicaméral (Conseil des États et Assemblée législative de transition). La réalité du pouvoir reste largement tribalisée et clientéliste, avec une faible présence de l'État en dehors de la capitale. La corruption est endémique et les processus démocratiques, comme les élections prévues pour 2024, sont constamment reportés ou entravés.

Economie

L'économie sud-soudanaise est l'une des moins développées et des plus dépendantes au monde. Elle repose presque exclusivement sur la production pétrolière (qui représente plus de 90% des recettes de l'État et la quasi-totalité des exportations). Cependant, les pipelines d'exportation traversent le Soudan, créant une dépendance et des tensions. La production a été fortement impactée par les conflits. L'agriculture de subsistance (sorgho, maïs) occupe la majorité de la population, mais le potentiel agricole (terres fertiles, eau) est largement inexploité. L'inflation est chroniquement élevée, la monnaie est faible et l'infrastructure économique (routes, électricité) est quasi-inexistante. Le pays dépend massivement de l'aide internationale pour la survie de sa population.

Culture

La société sud-soudanaise est extrêmement diverse, composée de plus de 60 groupes ethniques principaux, les plus importants étant les Dinka, les Nuer, les Shilluk, les Bari et les Azande. Les langues vernaculaires et les traditions locales sont prédominantes. L'anglais est la langue officielle, tandis qu'un pidgin arabe (l'arabe de Djouba) sert de lingua franca. Les religions traditionnelles africaines coexistent avec le christianisme (catholicisme, anglicanisme, autres dénominations) qui s'est largement répandu. La culture est orale, riche en contes, proverbes et musiques traditionnelles. La structure sociale est souvent organisée autour de clans et de systèmes de chefferie. Les décennies de guerre ont profondément marqué l'identité collective et déstructuré les cadres sociaux traditionnels.

Tourisme

Le tourisme est pratiquement inexistant en raison de l'insécurité généralisée, des infrastructures défaillantes et des restrictions de voyage émises par la plupart des gouvernements étrangers. Le pays possède pourtant un potentiel naturel considérable, avec des parcs nationaux comme le parc national de Boma ou celui du Sud du Nil, abritant une faune importante (antilopes, éléphants, girafes). Les chutes de Fula sur la rivière Jur et les paysages du Sudd pourraient attirer les aventuriers et les amateurs d'écotourisme dans un avenir lointain et pacifié. Pour l'instant, la présence étrangère se limite presque exclusivement au personnel humanitaire, diplomatique et des Nations unies.

Sources

  • Banque mondiale - Data Soudan du Sud
  • CIA World Factbook - South Sudan
  • UNHCR - South Sudan Situation
  • Encyclopædia Britannica - South Sudan
  • International Crisis Group - Reports on South Sudan
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