Introduction
São Tomé-et-Príncipe est un État insulaire d'Afrique centrale, composé de deux îles principales, São Tomé et Príncipe, distantes d'environ 150 km, et de plusieurs îlots. Découvertes inhabitées par les navigateurs portugais entre 1470 et 1471, elles sont devenues un important centre de production sucrière puis cacaoyère. Indépendant depuis 1975, c'est une démocratie stable, souvent citée comme un modèle de gouvernance en Afrique. Son isolement géographique a préservé des écosystèmes uniques et une culture créole syncrétique.
Geographie
L'archipel est d'origine volcanique, avec un relief montagneux et un sol fertile. Le point culminant est le Pico de São Tomé (2 024 m). Le climat est équatorial, chaud et humide, avec une saison des pluies de septembre à mai. La forêt ombrophile primaire, dont une partie est protégée dans le Parc naturel d'Obô, abrite une flore et une faune endémiques remarquables, comme l'ibis de São Tomé ou l'orchidée géante. Les côtes sont souvent rocheuses avec quelques plages de sable noir ou doré.
Histoire
Les îles, inhabitées, furent découvertes par les Portugais João de Santarém et Pêro Escobar. La colonisation débuta vers 1493 avec l'envoi de colons, dont de nombreux juifs forcés à la conversion. Le système de plantations (roças) basé sur l'esclavage africain se développa pour la canne à sucre, puis le café et le cacao. Après l'abolition de l'esclavage en 1875, le travail forcé persista. Au XXe siècle, le cacao de São Tomé fut un temps le premier exportateur mondial. Le mouvement pour l'indépendance, mené par le MLSTP, aboutit pacifiquement le 12 juillet 1975. Le pays a connu un régime marxiste-léniniste jusqu'en 1990, date de l'adoption du multipartisme.
Politique
São Tomé-et-Príncipe est une république démocratique unitaire à régime semi-présidentiel. Le président, chef de l'État, est élu au suffrage universel pour cinq ans. Le premier ministre, chef du gouvernement, est nommé par le président et responsable devant l'Assemblée nationale, un parlement unicaméral de 55 membres élus pour quatre ans. La vie politique est marquée par une alternance pacifique entre quelques partis principaux, dont le MLSTP-PSD (historique) et l'ADI (Action démocratique indépendante). Le pays est réputé pour sa stabilité et ses faibles niveaux de corruption relatifs.
Economie
L'économie, traditionnellement basée sur l'agriculture d'exportation (cacao, café, coprah), reste fragile et dépendante de l'aide internationale. Le cacao fin, notamment la variété nationale 'São Tomé', est le principal produit d'exportation. Le tourisme, centré sur l'écotourisme et le tourisme balnéaire, est un secteur en croissance. La pêche et les services se développent. La découverte de gisements pétroliers dans la Zone Economique Exclusive commune avec le Nigeria (Joint Development Zone) offre un potentiel de revenus, mais l'exploitation n'a pas encore démarré à grande échelle. Le pays fait partie des Pays les moins avancés (PMA).
Culture
La culture santoméenne est un mélange profond d'influences africaines (principalement angolaises et mozambicaines) et portugaises, formant une identité créole distinctive. La langue principale est le portugais, mais les langues créoles à base portugaise, le forro (sãotomense) et le lunguié (principense), sont largement parlées. La musique, comme le ússua et le socopé, et la danse (le puita) sont vivantes. La religion majoritaire est le catholicisme, souvent mêlé à des croyances traditionnelles. La cuisine utilise le poisson, la banane plantain et les fruits tropicaux (plats typiques : calulu, blablá).
Tourisme
Le tourisme vise un marché de niche, privilégiant la nature et la culture. Les attractions incluent les randonnées dans la forêt primaire du Parc d'Obô, l'ascension des pics volcaniques, l'observation des baleines et des oiseaux endémiques, et la visite des anciennes roças (plantations) coloniales, véritables villages-usines en ruine chargés d'histoire. Les plages isolées comme Praia Jalé ou les îlots paradisiaques (Ilhéu das Rolas, traversé par la ligne de l'équateur) sont également prisés. L'écotourisme communautaire se développe pour préserver la biodiversité et bénéficier aux populations locales.
