Introduction
Le Myanmar, frontalier de l'Inde, du Bangladesh, de la Chine, du Laos et de la Thaïlande, est un pays à la croisée des mondes indien et chinois. Son histoire est celle d'anciens royaumes bouddhistes, d'une colonisation britannique, d'une indépendance difficile et d'une longue période d'isolement sous une junte militaire. Sa transition démocratique entamée dans les années 2010 a été brutalement interrompue par un coup d'État en 2021, plongeant le pays dans une crise profonde.
Geographie
Le pays présente une topographie variée. Il est dominé par un vaste bassin central, fertile et densément peuplé, drainé par l'Irrawaddy, artère vitale du pays. Cette plaine centrale est entourée d'un arc montagneux à l'ouest (les monts de l'Arakan et les collines de Chin), au nord (les contreforts de l'Himalaya) et à l'est (le plateau Shan). Le climat est tropical de mousson, avec une saison des pluies marquée de mai à octobre.
Histoire
L'histoire birmane est marquée par les royaumes de Bagan (IXe-XIIIe siècles), Ava et Konbaung. Annexé par les Britanniques après trois guerres au XIXe siècle, le pays devient une province de l'Inde britannique avant d'obtenir son indépendance en 1948. Le coup d'État du général Ne Win en 1962 instaure une dictature militaire socialiste et un isolement international. En 1988, un soulèvement populaire est réprimé dans le sang, conduisant à la victoire électorale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi en 1990, victoire ignorée par la junte. Une transition fragile commence en 2011, mais l'armée reprend le pouvoir par un coup d'État le 1er février 2021, déclenchant une résistance civile généralisée.
Politique
Le système politique est en pleine tourmente depuis le coup d'État de 2021. La constitution de 2008, rédigée sous contrôle militaire, garantissait un rôle politique prépondérant aux forces armées (Tatmadaw), avec 25% des sièges au parlement réservés et le contrôle des ministères clés. Le gouvernement civil dirigé par la LND, issu des élections de 2020, a été renversé. Le pays est aujourd'hui dirigé par le Conseil administratif d'État (junte militaire), tandis qu'un gouvernement d'unité nationale (GUN) et des forces de défense du peuple mènent une résistance armée. La situation est un conflit civil complexe.
Economie
L'économie, longtemps fermée et planifiée, s'était partiellement ouverte après 2011, attirant des investissements. Elle repose sur l'agriculture (riz, légumineuses), l'exploitation des ressources naturelles (gaz naturel, pierres précieuses, jade, bois) et, plus récemment, le textile. Le coup d'État a provoqué un effondrement économique : effondrement de la monnaie, fuite des investisseurs, sanctions internationales, paralysie du système bancaire et destruction des infrastructures. Une grande partie de l'économie est informelle et le pays est devenu un centre majeur de la cybercriminalité en Asie du Sud-Est.
Culture
La culture birmane est profondément imprégnée du bouddhisme theravada, visible dans ses milliers de pagodes (comme la Shwedagon à Yangon), ses monastères et ses festivals. La société est composée d'une majorité Bamar et de plus de 135 groupes ethniques reconnus (Shan, Karen, Rohingya, Kachin, etc.), chacun avec ses langues et traditions. La littérature, la danse et la musique traditionnelle sont vivantes. La situation des Rohingyas, minorité musulmane apatride victime d'une campagne de nettoyage ethnique en 2017, reste une crise humanitaire et des droits de l'homme majeure.
Tourisme
Avant la crise politique et la pandémie, le tourisme connaissait un essor rapide. Les sites majeurs incluent les plaines de Bagan et ses milliers de temples anciens, le lac Inle avec ses villages sur pilotis et ses jardins flottants, la pagode Shwedagon à Yangon, et les anciennes capitales royales de Mandalay. La situation actuelle de conflit et les avertissements des gouvernements étrangers contre les voyages ont quasiment anéanti ce secteur. La visite de nombreuses régions est extrêmement dangereuse en raison des combats.
