Guinée-Bissau

Petit pays d'Afrique de l'Ouest, ancienne colonie portugaise, connu pour son archipel des Bijagos, son histoire de lutte pour l'indépendance et son instabilité politique chronique. Son économie est largement basée sur l'agriculture, notamment la noix de cajou.

Introduction

La Guinée-Bissau est un État côtier d'Afrique de l'Ouest, frontalier du Sénégal au nord et de la Guinée au sud-est. Sa côte atlantique, découpée d'estuaires et parsemée d'îles, contraste avec les savanes de l'intérieur. Héritière d'un long passé colonial portugais, elle fut le théâtre de la première guerre d'indépendance victorieuse en Afrique noire portugaise. Depuis lors, le pays est marqué par une instabilité politique profonde, avec de nombreux coups d'État et une économie fragile, ce qui en fait l'un des pays les moins développés au monde.

Geographie

Le territoire est principalement constitué d'une plaine côtière basse, parsemée de mangroves et traversée par de nombreux fleuves, dont le Geba et le Corubal. L'intérieur, le plateau de Bafatá, est plus élevé. La caractéristique géographique la plus remarquable est l'archipel des Bijagos (ou Bissagos), composé d'une centaine d'îles et îlots, classé Réserve de Biosphère par l'UNESCO. Le climat est tropical, avec une saison des pluies de juin à novembre et une saison sèche marquée par l'harmattan, un vent chaud et sec venu du Sahara.

Histoire

La région fut un carrefour commercial important dès le Moyen Âge, intégrée aux empires du Mali et du Kaabu. Les Portugais y établirent des comptoirs au XVe siècle, faisant de la zone un centre majeur de la traite négrière. Colonie portugaise sous le nom de Guinée portugaise, elle fut le lieu d'une longue et brutale guerre d'indépendance (1963-1974) menée par le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) sous la direction d'Amílcar Cabral. L'indépendance fut proclamée unilatéralement en 1973 et reconnue par le Portugal en 1974. Depuis la fin des années 1990, le pays connaît une instabilité politique chronique, ponctuée de coups d'État militaires et d'assassinats politiques, entravant tout développement durable.

Politique

La Guinée-Bissau est une république semi-présidentielle, en théorie. Cependant, la réalité est celle d'une grande fragilité institutionnelle. L'armée joue un rôle politique prépondérant et souvent déstabilisateur. La Constitution prévoit un président de la République élu au suffrage universel pour cinq ans et un Premier ministre issu de la majorité parlementaire. En pratique, les crises politiques sont fréquentes, avec des dissolutions de l'Assemblée nationale et des périodes de transition. Le multipartisme est reconnu, mais les partis sont souvent structurés autour de personnalités plutôt que d'idéologies.

Economie

L'économie est extrêmement vulnérable et informelle. Elle repose principalement sur l'agriculture de subsistance (riz, maïs) et sur l'exportation d'une seule culture de rente : la noix de cajou, qui représente l'essentiel des recettes d'exportation, rendant le pays très dépendant des fluctuations des prix mondiaux. La pêche, notamment la crevette, est une ressource importante, souvent exploitée par des flottes étrangères via des accords de pêche. Le secteur industriel est quasi inexistant. La Guinée-Bissau est classée parmi les Pays les moins avancés (PMA) et dépend fortement de l'aide internationale. L'instabilité politique décourage les investissements et favorise les activités illicites, comme le trafic de drogue (le pays étant devenu une plaque tournante du trafic de cocaïne entre l'Amérique latine et l'Europe).

Culture

La société est multiethnique, composée d'une trentaine de groupes, les principaux étant les Balantes, les Fulas (Peuls), les Manjacos, les Mandingues et les Papels. Le créole de Guinée-Bissau, né du contact entre le portugais et les langues africaines, est la lingua franca et un puissant vecteur d'identité nationale. La culture est riche en traditions orales, en musique (gumbe, kussundé) et en danses. Les religions traditionnelles africaines restent très présentes, coexistantes avec l'islam (majoritaire) et le christianisme (minoritaire). L'archipel des Bijagos possède une société matrilinéaire unique, avec des rites d'initiation complexes.

Tourisme

Le tourisme est peu développé en raison de l'instabilité et des infrastructures limitées. Le principal potentiel réside dans l'archipel des Bijagos, paradis écologique abritant une biodiversité exceptionnelle : hippopotames marins, lamantins, tortues marines, dauphins et une grande variété d'oiseaux. Les plages isolées et la culture traditionnelle des îles attirent quelques voyageurs aventureux. Sur le continent, le parc naturel des Lagoas de Cufada et la forêt sacrée de Cantanhez offrent des possibilités d'écotourisme. La capitale, Bissau, conserve quelques bâtiments coloniaux portugais en état de délabrement avancé, témoins de son passé.

Sources

  • Banque mondiale - Données Guinée-Bissau
  • UNESCO - Réserve de Biosphère de l'Archipel des Bijagos
  • Encyclopædia Britannica - Guinea-Bissau
  • CIA World Factbook - Guinea-Bissau
  • Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) - Rapports sur le développement humain
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