Introduction
Le Gabon, situé sur l'équateur et baigné par l'océan Atlantique, est souvent qualifié de 'dernier éden' de l'Afrique en raison de son couvert forestier immense et préservé. Ancienne colonie française, il est indépendant depuis 1960 et a connu une stabilité politique remarquable sous les présidences d'Omar Bongo Ondimba (1967-2009) et de son fils Ali Bongo Ondimba (2009-2023), avant un coup d'État en août 2023. Son économie, longtemps dominée par le pétrole, tente une diversification ambitieuse, notamment vers une exploitation durable de la forêt et un écotourisme de haut niveau.
Geographie
Le Gabon présente un relief de plaines et de plateaux, avec une étroite plaine côtière au relief varié. L'intérieur du pays est dominé par le massif du Cristal au nord et les monts de Chaillu au centre-sud, culminant au mont Iboundji (1 575 m). Le réseau hydrographique est dense, avec l'Ogooué comme artère principale (1 200 km), qui draine près des trois quarts du pays. Le climat est équatorial, chaud et humide toute l'année, avec une saison des pluies de septembre à mai. La forêt dense, second poumon vert de la planète après l'Amazonie, couvre environ 88% du territoire et abrite une faune extraordinaire : éléphants de forêt, gorilles, chimpanzés, mandrills et léopards. Le pays compte 13 parcs nationaux, dont le célèbre parc national de la Lopé, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Histoire
Les premiers habitants du Gabon sont les Pygmées, suivis par les migrations bantoues à partir du XIe siècle. Les premiers contacts européens datent du XVe siècle avec les navigateurs portugais. La région devient un foyer majeur de la traite négrière. Au XIXe siècle, la France établit son protectorat, notamment grâce à l'explorateur Pierre Savorgnan de Brazza. Le Gabon devient une colonie de l'Afrique-Équatoriale française (AEF) en 1910. Il accède à l'indépendance le 17 août 1960. Léon M'ba est le premier président, rapidement remplacé après sa mort par Omar Bongo Ondimba en 1967. Ce dernier instaure un régime de parti unique (Parti démocratique gabonais, PDG) jusqu'en 1990, date de l'instauration du multipartisme. La découverte du pétrole dans les années 1970 transforme l'économie. À la mort d'Omar Bongo en 2009, son fils Ali Bongo Ondimba lui succède après une élection contestée. Son troisième mandat, proclamé en août 2023, est interrompu par un coup d'État militaire mené par le général Brice Oligui Nguema, mettant fin à 56 ans de règne de la famille Bongo.
Politique
Le Gabon est une république unitaire à régime présidentiel. La Constitution de 1991, révisée à plusieurs reprises, définit la séparation des pouvoirs. Le président de la République, chef de l'État, était élu au suffrage universel direct pour un mandat de 7 ans (ramené à 5 ans en 2023) renouvelable une fois. L'Assemblée nationale et le Sénat forment le Parlement. Après le coup d'État du 30 août 2023, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), dirigé par le général Brice Oligui Nguema (investi président de la transition), a dissous toutes les institutions de la République. Une période de transition est en cours, avec la promesse d'élections libres et d'une nouvelle constitution. Le pays est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC).
Economie
L'économie gabonaise est fortement dépendante du secteur pétrolier, qui représente environ 40% du PIB, 60% des recettes budgétaires et 80% des exportations. Cependant, les réserves s'épuisent. Le pays est également le deuxième producteur mondial de manganèse (société COMILOG) et un important producteur de bois (okoumé, utilisé pour le contreplaqué). Pour sortir de la 'malédiction des ressources', le Gabon a lancé en 2009 le plan 'Gabon Émergent' visant à diversifier l'économie autour de trois piliers : le Gabon Vert (exploitation durable des forêts et agriculture), le Gabon Industriel (transformation locale des matières premières) et le Gabon des Services (tourisme, finance). Le pays a créé 13 parcs nationaux et interdit l'exportation de grumes pour développer une industrie du bois locale. Malgré un PIB par habitant parmi les plus élevés d'Afrique, les inégalités sociales restent importantes.
Culture
La culture gabonaise est le reflet de sa diversité ethnique, avec une quarantaine de groupes, principalement bantous, dont les Fang (majoritaires), les Mpongwè, les Punu, les Nzebi et les Téké. Les rites et croyances traditionnelles, notamment le Bwiti (une religion syncrétique utilisant l'iboga, une plante hallucinogène), coexistent avec le christianisme (majoritairement catholique) et l'islam. Les arts sont très vivants, avec les célèbres masques Punu (masques blancs aux coiffures élaborées) et Fang (masques gardiens de reliques), ainsi que les statues Byeri. La musique et la danse sont omniprésentes, avec des styles comme le Bikutsi et le Makossa. La littérature gabonaise moderne est représentée par des auteurs comme Angèle Rawiri et Justine Mintsa. Le français, langue officielle, est la langue de l'administration et de l'enseignement, tandis que les langues vernaculaires sont utilisées dans la vie quotidienne.
Tourisme
Le tourisme au Gabon est essentiellement orienté vers l'écotourisme et l'observation de la faune sauvage. Les 13 parcs nationaux offrent des expériences uniques : le parc national de Loango, surnommé 'l'Afrique à l'état pur', permet d'observer éléphants, buffles et hippopotames sur la plage ; le parc national de l'Ivindo abrite les chutes de Kongou et de Mingouli, parmi les plus spectaculaires d'Afrique centrale ; le parc national de la Lopé est un site archéologique majeur avec des pétroglyphes et une forte densité de primates. La côte atlantique propose des plages préservées comme à Pointe-Denis. Libreville, la capitale, offre un mélange d'architecture moderne et de quartiers traditionnels, avec des marchés animés et le musée national des Arts et Traditions. L'infrastructure touristique, encore en développement, vise un marché haut de gamme.
