Introduction
L'Afghanistan, souvent surnommé le 'cimetière des empires' en raison de sa résistance historique aux invasions, est un pays au cœur de l'Asie. Sa position stratégique sur les anciennes routes de la soie en a fait un carrefour culturel et commercial majeur, mais aussi un enjeu géopolitique récurrent. La société est profondément tribale et religieuse, avec l'islam sunnite comme pilier central. Le pays est confronté à des défis immenses après des décennies de guerre, d'instabilité politique et de crises humanitaires.
Geographie
L'Afghanistan est un pays montagneux et aride, dominé par la chaîne de l'Hindou Kouch qui traverse le centre du pays. Le point culminant est le Noshaq (7 492 m). Les plaines se trouvent principalement au nord (bassin de l'Amou-Daria) et au sud-ouest (désert du Registan et du Dasht-e Margo). Le climat est continental, avec des étés chauds et des hivers rigoureux. Les ressources en eau, provenant de la fonte des neiges, sont cruciales pour l'agriculture. Le pays est enclavé, bordé par le Pakistan, l'Iran, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et la Chine.
Histoire
L'histoire afghane est millénaire, marquée par des empires (achéménide, kouchan, ghaznévide, timouride) et des conquérants (Alexandre le Grand, Gengis Khan). L'État moderne émerge au XVIIIe siècle avec l'Empire durrani. Au XIXe et XXe siècles, il devient un tampon entre les empires russe et britannique ('Grand Jeu'). Il connaît une monarchie, une république, un régime communiste soutenu par l'URSS (entraînant l'invasion soviétique de 1979-1989), une guerre civile, le régime taliban (1996-2001), une intervention internationale menée par les États-Unis après le 11 septembre 2001, et la République islamique soutenue par l'OTAN. En août 2021, les talibans reprennent le pouvoir, rétablissant l'Émirat islamique.
Politique
Depuis août 2021, l'Afghanistan est un émirat islamique gouverné par les talibans. Le pouvoir suprême est détenu par le Commandeur des Croyants (Amir al-Mu'minin), actuellement Hibatullah Akhundzada. Le gouvernement, basé à Kaboul, applique une interprétation stricte de la charia (loi islamique). Il n'y a pas de constitution écrite reconnue, ni de parlement élu. La reconnaissance internationale du régime est très limitée. Les droits humains, en particulier ceux des femmes et des filles (exclusion de l'éducation secondaire et supérieure, restrictions sévères au travail et à la liberté de mouvement), sont une préoccupation majeure de la communauté internationale.
Economie
L'économie afghane est l'une des moins développées au monde, ravagée par la guerre et dépendante de l'aide internationale, largement suspendue depuis 2021. L'agriculture de subsistance (blé, fruits, noix, opium) occupe une grande partie de la population. L'élevage (moutons karakul) est important. Le pays possède d'importantes ressources minières inexploitées (cuivre, fer, lithium, terres rares). Le trafic de drogue (opium, héroïne, méthamphétamine) constitue une part significative de l'économie souterraine. Le chômage et la pauvreté sont endémiques, aggravés par des sanctions financières et l'effondrement du système bancaire formel.
Culture
La culture afghane est un riche mélange d'influences persanes, turco-mongoles et sud-asiatiques, unifiée par l'islam. La société est organisée autour de structures tribales (Pachtounes, Tadjiks, Hazaras, Ouzbeks, etc.) et du code d'honneur pachtoune (Pachtounwali). La poésie (Rumi, originaire de la région) et la musique traditionnelle (utilisant le rubab, instrument national) sont très appréciées. Le buzkashi, sport équestre national, est populaire. La cuisine est à base de riz (palaw), de pain naan, de viande grillée et de thé. L'hospitalité (melmastia) est une valeur cardinale. Les arts et l'éducation ont souffert des conflits et des restrictions.
Tourisme
Le tourisme est quasi inexistant en raison de l'insécurité, des restrictions et de l'absence d'infrastructures. Le pays recèle pourtant des trésors archéologiques et naturels : les lacs de Band-e-Amir, premiers parcs nationaux du pays ; les minarets et vestiges de Ghazni et de Herat, anciens centres culturels ; la vallée de Bamiyan, site classé à l'UNESCO connu pour ses bouddhas géants détruits en 2001 ; et les paysages spectaculaires du corridor du Wakhan, contreforts du Pamir. Tout voyage est fortement déconseillé par les gouvernements étrangers.
