Introduction
Le Mulhacén est bien plus qu'une simple montagne ; c'est un géant de pierre qui veille sur l'Andalousie, un témoin silencieux de l'histoire et un défi pour les randonneurs. Situé au cœur du parc national de la Sierra Nevada, il domine le paysage de la province de Grenade et constitue le point le plus élevé de toute la péninsule Ibérique. Sa silhouette massive, souvent couronnée de neige jusqu'au début de l'été, est visible depuis de nombreux points de la région, incarnant la frontière naturelle entre la côte méditerranéenne et les hauts plateaux de l'intérieur.
Description
Le Mulhacén s'élève à une altitude précise de 3 478,6 mètres (souvent arrondie à 3 479 m). Il fait partie du massif de la Sierra Nevada, une chaîne de montagnes appartenant aux cordillères Bétiques. Géologiquement, il est principalement composé de roches métamorphiques, notamment des schistes et des micaschistes, qui datent de l'ère tertiaire. Son relief est relativement arrondi et peu escarpé, ce qui en fait une ascension de type « marche d'approche » plutôt qu'une escalade technique. Le sommet est vaste et plat, marqué par un cairn et une croix. Son versant nord abrite le « Corral del Veleta », un cirque glaciaire impressionnant où subsiste, à l'abri, le glacier le plus méridional d'Europe, connu sous le nom de « nevero » ou « ventisquero » de la Caldera. Le versant sud descend plus doucement vers les célèbres « Alpujarras ». La vue depuis le sommet est exceptionnelle : par temps dégagé, on peut apercevoir la mer Méditerranée, les côtes africaines du Maroc, et une grande partie de l'Andalousie.
Histoire
Le nom « Mulhacén » dérive de celui de l'avant-dernier souverain nasride de Grenade, Abu l-Hasan Ali (Muley Hacén en castillan), qui régna au XVe siècle. La légende populaire veut qu'il ait été enterré au sommet de cette montagne, bien qu'aucune preuve historique ne le confirme. La région fut le dernier bastion musulman de la péninsule, et les Alpujarras au sud furent le théâtre de révoltes morisques après la Reconquête. La première ascension attestée date de l'époque moderne, mais la montagne était connue et vénérée depuis bien plus longtemps. Au XIXe siècle, elle fut l'objet d'études scientifiques, notamment par le géologue allemand Leopold von Buch. Aujourd'hui, son ascension est un classique de la randonnée espagnole.
Caracteristiques
Le Mulhacén présente plusieurs caractéristiques notables. C'est le sommet le plus haut de la péninsule Ibérique et le deuxième plus haut d'Espagne après le Teide (Tenerife, îles Canaries). Il est situé intégralement dans le parc national de la Sierra Nevada, une réserve de biosphère de l'UNESCO réputée pour sa biodiversité unique, avec de nombreuses espèces endémiques comme la violette de la Sierra Nevada. Son ascension la plus courante part du village de Capileira via le refuge de Poqueira, ou depuis la station de ski de Sierra Nevada par la piste forestière jusqu'à la « Hoya del Portillo ». L'itinéraire, bien balisé en été, ne présente pas de difficultés techniques majeures mais exige une bonne condition physique en raison de l'altitude et du dénivelé. L'hiver, avec neige et glace, il devient un objecte d'alpinisme.
Importance
L'importance du Mulhacén est à la fois géographique, écologique, culturelle et touristique. Géographiquement, c'est un point de repère majeur. Écologiquement, il est au centre d'un hotspot de biodiversité. Culturellement, il est profondément ancré dans l'imaginaire andalou, lié à l'histoire nasride et aux légendes morisques. Touristiquement, il attire des milliers de randonneurs chaque année, contribuant à l'économie locale. Il est également un site important pour l'étude du changement climatique, la fonte de son petit glacier permanent étant un indicateur sensible du réchauffement global. Enfin, il est un symbole de défi et de beauté naturelle pour toute l'Espagne.
