Introduction
Le massif de l'Atlas constitue l'épine dorsale montagneuse du Maghreb, jouant un rôle géographique, climatique et culturel fondamental. Bien plus qu'une simple barrière physique, il est le berceau de populations berbères (Amazighs) et abrite une biodiversité unique, marquée par la présence emblématique du cèdre de l'Atlas et du macaque de Barbarie. Sa formation, liée à la collision des plaques africaine et eurasienne, en fait un livre ouvert sur l'histoire géologique complexe de la région.
Description
La chaîne de l'Atlas se divise en plusieurs ensembles distincts. L'**Atlas marocain** est le plus élevé et le plus complexe, comprenant le **Moyen Atlas** (forêts et lacs), le **Haut Atlas** (le plus haut, avec le Toubkal), et l'**Anti-Atlas** (plus aride, aux paysages minéraux spectaculaires). En Algérie, on trouve le **Tell Atlas** (proche de la côte) et le **Sahara Atlas** (limite nord du désert), qui se rejoignent en Tunisie pour former les monts de la dorsale tunisienne. Le climat varie radicalement : versant nord humide et enneigé l'hiver, versant sud aride et pré-saharien. Ses paysages alternent entre sommets alpestres, gorges profondes (comme les gorges du Todra ou du Dadès), hauts plateaux et vallées fertiles (comme la vallée de l'Ourika).
Histoire
L'Atlas est habité depuis la Préhistoire, comme en témoignent les peintures rupestres du Tassili n'Ajjer (extension saharienne). Il a constitué un refuge et une forteresse naturelle pour les populations berbères, qui y ont résisté aux invasions successives (Phéniciens, Romains, Arabes, Français). Dans la mythologie grecque, le géant Atlas, puni par Zeus, était condamné à porter la voûte céleste ; les Grecs anciens ont associé son nom à ces montagnes qu'ils pensaient situées aux confins du monde connu. Durant l'Antiquité, l'Atlas fournissait du bois (cèdre) et était une source de minerais. Au Moyen Âge, il abritait de puissants royaumes berbères et des cités-carrefours sur les routes transsahariennes.
Caracteristiques
**Géologie** : L'Atlas est une chaîne jeune, formée principalement durant l'ère tertiaire (il y a environ 65 à 2,5 millions d'années) par la convergence des plaques tectoniques. On y trouve des roches sédimentaires (calcaires, grès), mais aussi des vestiges d'une ancienne chaîne plus ancienne (Anti-Atlas). Son relief est toujours actif, avec un risque sismique notable. **Faune et Flore** : La biodiversité est remarquable, avec un fort taux d'endémisme. La forêt de cèdres de l'Atlas (Cedrus atlantica) est l'écosystème emblématique. On y trouve également le chêne vert, le genévrier thurifère et, en altitude, des pelouses alpines. La faune comprend le macaque de Barbarie (ou magot), le mouflon à manchettes, le léopard de Barbarie (très rare, peut-être éteint), le gypaète barbu et l'aigle royal. **Climat** : Véritable château d'eau, l'Atlas capte les précipitations venant de l'Atlantique et de la Méditerranée. Ses rivières et oueds alimentent les plaines agricoles et les villes. La ligne de partage des eaux entre le bassin méditerranéen/atlantique et le bassin saharien est cruciale.
Importance
L'Atlas est vital à plusieurs titres. **Écologiquement**, c'est une zone de haute biodiversité et un corridor biologique. **Économiquement**, il fournit des ressources en eau (irrigation, hydroélectricité), des minerais (plomb, zinc, argent) et est le cœur du tourisme (randonnée, ski, culturel). **Culturellement**, il demeure le fief des sociétés berbères, gardiennes de langues, de traditions et d'un savoir-faire unique (architecture en pisé, tapis, bijoux). **Stratégiquement**, il a toujours défini les territoires et les climats, influençant les modes de vie et les échanges. Aujourd'hui, il est menacé par la déforestation, la pression pastorale, le changement climatique (recul des neiges) et l'érosion, faisant de sa préservation un enjeu régional majeur.
