Introduction
Les Alpes japonaises (日本アルプス, Nihon Arupusu) désignent un ensemble de chaînes montagneuses qui forment l'épine dorsale de l'île principale de Honshū. Contrairement à une chaîne unique, ce terme regroupe trois massifs distincts et parallèles, créant une barrière géographique et climatique impressionnante. Leur nom, donné par un missionnaire et géologue britannique, témoigne de leur caractère alpin et a contribué à forger leur identité dans l'imaginaire national et international.
Description
Les Alpes japonaises sont subdivisées en trois grandes chaînes, séparées par de profondes vallées et rivières. Au nord se trouvent les Alpes du Nord, ou Hida-sanmyaku (飛騨山脈), qui s'étendent de la préfecture de Toyama à celle de Nagano. Elles incluent des sommets emblématiques comme le mont Shirouma (2,932 m) et le mont Yari (3,180 m). Au centre, les Alpes centrales, ou Kiso-sanmyaku (木曽山脈), traversent les préfectures de Nagano et Gifu, avec le mont Komagatake (2,956 m) comme point culminant. Au sud, les Alpes du Sud, ou Akaishi-sanmyaku (赤石山脈), forment la section la plus élevée, abritant le mont Kita (3,193 m), deuxième plus haut sommet du Japon après le Fuji, et le célèbre mont Hotaka (3,190 m). Le paysage est caractérisé par des pics dentelés, des cirques glaciaires, des forêts denses de conifères et de hêtres, et des alpages (appelés 'sen') en altitude.
Histoire
Le terme 'Alpes japonaises' fut popularisé par le révérend et archéologue britannique Walter Weston (1861-1940) dans son livre 'Mountaineering and Exploring in the Japanese Alps' (1896). Son travail a fait connaître ces montagnes au monde occidental et a grandement contribué au développement de l'alpinisme moderne au Japon. Avant cela, ces montagnes étaient vénérées par les populations locales et les adeptes du shugendō, une ascèse montagnarde syncrétique. La région a longtemps été isolée, avec des villages développant des cultures distinctes. Au 20ème siècle, la construction de lignes de chemin de fer, comme la ligne Ōito et la ligne Chūō, ainsi que la création de parcs nationaux (Chūbu-Sangaku, Minami Alps) ont ouvert la région au tourisme de masse et aux sports d'hiver.
Caracteristiques
Les Alpes japonaises présentent des caractéristiques géologiques jeunes et dynamiques, faisant partie de la ceinture de feu du Pacifique. Leur formation résulte principalement de la subduction et du plissement intense, créant un relief très accidenté. Leur altitude moyenne est élevée, avec de nombreux sommets dépassant 3 000 mètres. La région connaît un des plus importants enneigements au monde en dehors des régions polaires, alimentant de nombreux glaciers rocheux et névés persistants. La biodiversité est remarquable, avec une zonation végétale bien marquée : forêts de feuillus en basse altitude, conifères (comme les 'tateyama-sugi'), puis landes alpines et végétation pionnière près des crêtes. La faune comprend l'ours noir du Japon, le serow (kamoshika), le singe des neiges, le lagopède du Japon et l'aigle royal.
Importance
L'importance des Alpes japonaises est multiple. Écologiquement, elles constituent un réservoir de biodiversité et une source d'eau cruciale pour les plaines densément peuplées du Pacifique via des fleuves comme la Tenryū, la Shinano et la Kiso. Économiquement, elles sont vitales pour le tourisme (randonnée estivale, stations de ski en hiver, onsens), l'agriculture et l'hydroélectricité. Culturellement, elles sont profondément ancrées dans l'identité japonaise, source d'inspiration pour l'art, la littérature et le cinéma. Elles représentent un espace de défi et de contemplation, avec des sentiers de grande randonnée célèbres comme le 'Kamikōchi' et le 'Sentier de crête des Alpes du Sud'. Enfin, elles jouent un rôle climatique majeur en bloisant les nuages et en créant un contraste marqué entre le côté mer du Japon (neigeux) et le côté Pacifique (plus sec).
