Introduction
La mer Ionienne est un bras de la mer Méditerranée, délimitée à l'ouest par le sud de la péninsule italienne et la Sicile, à l'est par l'Albanie et la Grèce continentale, et au sud par la mer Méditerranée proprement dite. Elle tire son nom de la mythologie grecque, associée à Io, prêtresse d'Héra aimée de Zeus. Cette mer a été le théâtre d'échanges culturels, de batailles navales et de développements économiques depuis l'Antiquité, façonnant l'histoire des régions côtières. Sa position stratégique en fait un carrefour entre l'Europe occidentale et les Balkans.
Description
La mer Ionienne s'étend sur environ 600 km du nord au sud et 300 km d'est en ouest, couvrant une superficie d'environ 169 000 km². Elle est reliée à la mer Adriatique par le détroit d'Otrante (large de 72 km) et communique avec la mer Tyrrhénienne via le canal de Messine. Ses eaux sont parmi les plus profondes de la Méditerranée, avec la fosse Calypso, située au sud-ouest de la péninsule du Péloponnèse, atteignant environ 5 267 mètres de profondeur. La mer baigne plusieurs archipels grecs majeurs, dont les îles Ioniennes (Corfou, Céphalonie, Zante, Leucade, Ithaque, Paxos, Cythère) ainsi que les îles Diapontia au nord. Ses côtes sont très découpées, alternant falaises, plages de sable et galets, avec des fonds marins riches en biodiversité. La salinité y est élevée et la température des eaux varie de 14°C en hiver à 25°C en été.
Histoire
La mer Ionienne a une histoire riche et complexe. Dans l'Antiquité, elle était le berceau de la civilisation grecque, avec des colonies fondées par les Corinthiens (Corcyre, l'actuelle Corfou) dès le VIIIe siècle av. J.-C. Elle fut le cadre de conflits majeurs comme la guerre du Péloponnèse. Plus tard, elle devint une province romaine, puis byzantine. Au Moyen Âge, elle fut disputée par les Normands, les Vénitiens, les Ottomans et les Français. La République de Venise domina longtemps les îles Ioniennes, laissant une empreinte architecturale et culturelle durable. Au XIXe siècle, les îles Ioniennes formèrent la « République des Sept-Îles », un État sous protectorat britannique, avant leur rattachement à la Grèce en 1864. Durant les deux guerres mondiales, la mer fut un enjeu stratégique pour le contrôle de la Méditerranée.
Caracteristiques
La mer Ionienne présente plusieurs caractéristiques distinctes. Géologiquement, elle se situe sur une zone de subduction où la plaque africaine plonge sous la plaque eurasiatique, expliquant sa profondeur et l'activité sismique de la région. Son régime de vents est marqué par le « Maïstros », un vent fort du nord-ouest qui souffle en été, et le « Sirocco », vent chaud du sud. Les courants marins y sont généralement faibles, circulant dans le sens anti-horaire. La faune marine est typiquement méditerranéenne, avec des espèces comme le thon rouge, l'espadon, les dauphins (dont le rare dauphin de Risso), les tortues caouannes et des herbiers de posidonie. Les côtes grecques sont particulièrement prisées pour le tourisme balnéaire et la plongée sous-marine.
Importance
L'importance de la mer Ionienne est multiple. Économiquement, c'est une voie de navigation vitale pour le commerce entre l'Adriatique et la Méditerranée orientale, avec des ports majeurs comme Patras, Igoumenitsa et Corfou en Grèce, et Tarente en Italie. Le tourisme est un pilier économique, les îles Ioniennes attirant des millions de visiteurs annuellement pour leurs paysages, leur histoire et leur culture. Écologiquement, elle abrite des zones marines protégées et est un corridor de migration pour les cétacés. Stratégiquement, elle revêt une importance pour l'OTAN et l'Union européenne, notamment pour le contrôle des flux migratoires. Culturellement, elle a influencé la littérature, la musique et la cuisine régionale, et reste un symbole de l'héritage maritime grec et vénitien.
