Mer de Chine méridionale

Une mer marginale de l'océan Pacifique ouest, d'une immense importance économique et stratégique. Elle est bordée par plusieurs pays d'Asie du Sud-Est et de l'Est et est le théâtre de tensions géopolitiques majeures en raison de revendications territoriales concurrentes sur ses îles et ses ressources.

Introduction

La mer de Chine méridionale est une vaste étendue d'eau semi-fermée, partie intégrante de l'océan Pacifique occidental. Elle s'étend sur environ 3,5 millions de kilomètres carrés, des détroits de Taïwan et de Luçon au nord, jusqu'au détroit de Karimata et de Singapour au sud. Elle constitue une voie maritime cruciale pour le commerce mondial et abrite des écosystèmes marins d'une richesse exceptionnelle, mais aussi des ressources en hydrocarbures et en poissons très convoitées.

Description

La mer de Chine méridionale est caractérisée par un plateau continental peu profond, notamment dans sa partie ouest, et par des fosses profondes, comme la fosse de Manille à l'est. Elle est parsemée de centaines d'îles, d'îlots, de récifs et de bancs de sable, regroupés principalement en quatre archipels : les îles Spratleys, les îles Paracels, les récifs Macclesfield et les îles Pratas. Le climat est tropical, marqué par la mousson et fréquemment touché par des typhons. Ses eaux chaudes abritent une biodiversité marine parmi les plus élevées au monde, avec de vastes récifs coralliens et des zones de pêche vitales pour des millions de personnes.

Histoire

Historiquement, la mer a été une artère majeure pour le commerce maritime en Asie, empruntée par les marchands chinois, arabes, indiens et plus tard européens. Les revendications chinoises s'appuient sur des références historiques anciennes, notamment des cartes et des récits de la dynastie Han. Cependant, les revendications contemporaines se sont cristallisées après la Seconde Guerre mondiale et avec la découverte de ressources potentielles. Le Viêt Nam, les Philippines, la Malaisie, Brunei et Taïwan revendiquent également des parties de la mer et de ses archipels, conduisant à des conflits sporadiques et à une militarisation croissante des îles artificielles depuis la fin du XXe siècle.

Caracteristiques

Superficie : environ 3 500 000 km². Profondeur moyenne : 1 212 mètres. Profondeur maximale : 5 559 mètres dans la fosse de Manille. Principaux affluents : fleuve Mékong, fleuve Perle, fleuve Rouge. Principaux ports : Hong Kong, Singapour, Manille, Haiphong, Ho Chi Minh-Ville. Climat : tropical, soumis aux moussons et aux typhons. Caractéristique géopolitique majeure : la "ligne en neuf traits" (ou "ligne de la langue de bœuf"), un tracé cartographique utilisé par la Chine pour revendiquer environ 90% de la superficie de la mer, bien que rejeté par un tribunal international en 2016.

Importance

L'importance de la mer de Chine méridionale est triple. Économiquement, c'est l'une des voies maritimes les plus fréquentées du globe, avec plus d'un tiers du trafic maritime mondial, incluant environ 80% des importations pétrolières de la Chine. Écologiquement, elle est un réservoir de biodiversité et une source de subsistance pour la pêche. Stratégiquement et géopolitiquement, elle est au cœur d'une compétition de puissance entre la Chine et les États-Unis, ainsi que les nations riveraines de l'ASEAN. Les tensions sur la souveraineté menacent la stabilité régionale et la liberté de navigation, faisant de cette mer un point chaud de la géopolitique mondiale.

Anecdotes

L'atoll de Fiery Cross transformé en base

Le récif de Fiery Cross (Yongshu Jiao en chinois), dans les Spratleys, était un simple haut-fond découvrant à marée basse. À partir de 2014, la Chine a entrepris des travaux de remblaiement massifs pour en faire une île artificielle de près de 3 km de long, équipée d'une piste d'atterrissage de 3 000 mètres, de ports en eau profonde et d'installations militaires. C'est l'exemple le plus frappant de la transformation de caractéristiques géographiques en avant-postes stratégiques permanents.

La "Cité perdue" sous les eaux

Les fonds marins de la mer de Chine méridionale recèlent des trésors archéologiques. Des épaves de jonques de commerce datant de la dynastie Ming (XVe siècle) y ont été découvertes, chargées de céramiques et d'artefacts. Ces épaves, souvent bien préservées, témoignent de l'intensité des é commerciaux historiques le long de la "Route de la soie maritime".

Un nom aux multiples versions

Le nom de cette mer est lui-même un enjeu politique. Alors que "Mer de Chine méridionale" est l'appellation internationale courante, le Viêt Nam la nomme "Mer Orientale" (Biển Đông), et les Philippines utilisent parfois "Mer de l'Ouest des Philippines". L'utilisation d'un nom plutôt qu'un autre est souvent perçue comme une prise de position implicite dans le conflit territorial.

Sources

  • Conseil des relations étrangères (CFR) - 'Territorial Disputes in the South China Sea'
  • Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA) - 'South China Sea Geography'
  • Cour permanente d'arbitrage - Affaire n°2013-19 (Philippines c. Chine)
  • Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) - Déclarations sur la conduite en mer de Chine méridionale
  • Institut de recherche stratégique de l'École de guerre navale (US Naval War College) - China Maritime Studies
EdTech AI Assistant