Introduction
La baie d'Hudson est une immense étendue d'eau salée d'environ 1,23 million de kilomètres carrés, ce qui en fait la deuxième plus grande baie du monde après la baie du Bengale. Elle s'étend sur près de 1 370 km de long et 1 050 km de large, baignant les côtes de l'Ontario, du Québec, du Manitoba et du Nunavut. Malgré son nom, ses dimensions et sa dynamique en font un plan d'eau aux caractéristiques quasi-océaniques, avec une influence profonde sur le climat, l'écologie et l'histoire humaine de l'Amérique du Nord.
Description
La baie d'Hudson est une mer épicontinentale, c'est-à-dire peu profonde, avec une profondeur moyenne de seulement 100 mètres (le point le plus profond atteignant environ 270 mètres). Elle est presque entièrement entourée de terres, n'étant ouverte que vers le nord-est par le détroit d'Hudson, qui la relie à l'Atlantique Nord et à la mer du Labrador. Ses eaux sont froides et peu salées en raison d'un important apport d'eau douce provenant de nombreux fleuves (comme la Grande Rivière, la Churchill et la Nelson) et de la fonte des glaces. La baie est recouverte de glace de mer pendant près de huit mois par an, de décembre à juin, un phénomène qui a des répercussions mondiales sur la circulation océanique et le climat. Son littoral, principalement bas et rocheux, est parsemé de nombreuses îles, dont la plus grande est l'île Southampton.
Histoire
La baie doit son nom à l'explorateur anglais Henry Hudson, qui y pénétra en 1610 à bord du *Discovery*, cherchant en vain un passage vers l'Asie. Son équipage se mutina et l'abandonna, avec son fils et des partisans, à la dérive dans une chaloupe ; ils ne furent jamais revus. Cette découverte ouvrit la voie à une intense activité commerciale. En 1670, le roi Charles II d'Angleterre octroya une charte à la Compagnie de la Baie d'Hudson (HBC), lui accordant le monopole du commerce sur toutes les terres drainées par les rivières se jetant dans la baie, un territoire immense appelé 'Terre de Rupert'. La baie devint ainsi le cœur d'un vaste empire de la fourrure, source de rivalités féroces entre Anglais et Français pendant plus d'un siècle. La souveraineté britannique fut finalement établie par le traité d'Utrecht en 1713. Aujourd'hui, les rives de la baie sont principalement habitées par des communautés inuites et des Premières Nations.
Caracteristiques
La baie d'Hudson présente plusieurs caractéristiques uniques. D'un point de vue géologique, elle repose sur un bouclier précambrien et son bassin est le résultat d'un affaissement tectonique suivi de multiples glaciations. Son régime des marées est parmi les plus extrêmes au monde, notamment dans la baie James (son extension sud) où le marnage peut dépasser 4 mètres. La faune est remarquablement adaptée à cet environnement rigoureux : la baie abrite l'une des plus grandes populations mondiales de bélugas (plus de 50 000 individus), des ours polaires qui y chassent le phoque sur la banquise, et de vastes colonies d'oiseaux migrateurs. La toundra qui borde ses côtes constitue un écosystème fragile et vital.
Importance
L'importance de la baie d'Hudson est multiple. Écologiquement, c'est une région-clé pour la biodiversité arctique et subarctique. Climatiquement, elle agit comme un gigantesque régulateur thermique ; sa couverture de glace, qui réfléchit l'énergie solaire (albédo), et ses eaux froides influencent le courant-jet et les systèmes météorologiques de tout le continent nord-américain. Économiquement, elle reste une voie de navigation saisonnière pour l'approvisionnement des communautés nordiques et l'exportation de ressources (comme les minéraux). Historiquement et culturellement, elle est le berceau de la nation métisse et demeure un territoire de vie essentiel pour les peuples autochtones. Son bassin versant couvre près du tiers de la superficie du Canada, soulignant son importance hydrologique.
