Introduction
La mer Caspienne, souvent qualifiée de plus grand lac du monde ou de plus petite mer fermée, est une étendue d'eau salée sans accès direct à l'océan mondial. Cette particularité géographique en fait un sujet d'étude fascinant pour les géographes, les géologues et les écologistes. Son statut juridique, longtemps disputé entre 'mer' et 'lac', a été partiellement clarifié par une convention en 2018, mais son écosystème et ses ressources continuent de susciter des enjeux géopolitiques majeurs pour les pays riverains.
Description
La mer Caspienne s'étend sur environ 371 000 km², avec une longueur de 1 200 km du nord au sud et une largeur moyenne de 320 km. Sa profondeur est très variable : le bassin nord, peu profond (moins de 10 mètres en moyenne), contraste avec le bassin sud, qui atteint une profondeur maximale de 1 025 mètres, ce qui en fait le troisième point le plus profond des terres émergées. Elle est alimentée principalement par la Volga, qui fournit environ 80% de son apport en eau douce, ainsi que par l'Oural, le Kura et le Terek. Son eau est légèrement salée, avec une salinité d'environ 1,2% dans le nord (trois fois moins que l'océan) et 1,3% dans le sud, en raison de l'évaporation intense et de l'apport fluvial. Ses côtes sont diversifiées, avec des plages sableuses, des falaises, des baies et des deltas riches en biodiversité, comme celui de la Volga.
Histoire
La Caspienne est un vestige de l'ancien océan Paratéthys, qui séparait les supercontinents de la Laurasie et du Gondwana il y a des millions d'années. Son niveau a considérablement fluctué au cours des siècles, influencé par les cycles climatiques et l'activité tectonique. Historiquement, elle a été une voie commerciale cruciale sur la Route de la Soie, reliant l'Europe à l'Asie. Les empires perse, russe et ottoman se sont disputé son contrôle. Au XXe siècle, après l'effondrement de l'URSS, le nombre d'États riverains est passé de deux (URSS et Iran) à cinq, complexifiant la gouvernance de ses ressources. La Convention-cadre sur le statut juridique de la mer Caspienne, signée en 2018, a établi un régime hybride, la traitant comme une 'mer' pour la navigation mais comme un 'lac' pour le partage des ressources sous-marines.
Caracteristiques
La Caspienne présente plusieurs caractéristiques uniques. C'est le plus grand lac du monde en superficie et en volume (environ 78 200 km³). Son climat est continental, avec des hivers froids au nord (gel partiel) et des étés chauds et secs au sud. Son écosystème est un point chaud de biodiversité, abritant des espèces endémiques comme le phoque de la Caspienne, menacé, et près de 90% des esturgeons du monde, source du célèbre caviar. La mer est également riche en ressources énergétiques : on estime qu'elle contient environ 48 milliards de barils de pétrole et 8 700 milliards de mètres cubes de gaz naturel, principalement dans ses secteurs sud et central. Son niveau d'eau, qui a baissé de plus de 2,5 mètres entre 1996 et 2015 en raison du changement climatique et de prélèvements fluviaux, est un sujet de préoccupation majeur, impactant les ports, les écosystèmes et les communautés côtières.
Importance
L'importance de la mer Caspienne est multidimensionnelle. Économiquement, elle est vitale pour l'extraction d'hydrocarbures et la pêche (notamment l'esturgeon). Géopolitiquement, elle est un carrefour stratégique où se croisent les influences russe, iranienne, et des nouvelles républiques d'Asie centrale, avec des pipelines et des routes commerciales critiques. Environnementalement, elle constitue un écosystème irremplaçable, mais fragile, menacé par la pollution industrielle et pétrolière, le braconnage et la baisse du niveau d'eau. Culturellement, elle a façonné les civilisations riveraines et reste un symbole d'identité régionale. Sa gestion durable est un défi international nécessitant une coopération étroite entre les cinq États côtiers.
