Introduction
Le lac d'Annecy est l'un des plus beaux et des plus célèbres lacs naturels d'Europe. Formé il y a environ 18 000 ans par la fonte des grands glaciers alpins, il s'étend au cœur des Préalpes françaises, dans le département de la Haute-Savoie. Sa renommée internationale tient à la clarté cristalline de ses eaux, à la richesse de son patrimoine naturel et à son environnement montagneux spectaculaire, dominé par le massif des Bornes et le massif des Bauges. Il constitue un pôle d'attraction économique et récréatif majeur pour la région.
Description
Le lac d'Annecy s'étire sur 14,6 km de long du nord au sud, pour une largeur maximale de 3,2 km. Sa superficie est de 27,59 km² et son altitude est de 446,80 mètres. Sa forme allongée et légèrement incurvée lui vaut parfois le surnom de 'lac en forme de croissant'. Il est alimenté principalement par sept ruisseaux et rivières permanents, dont l'Ire, l'Eau Morte et le Laudon, ainsi que par de puissantes sources sous-lacustres, notamment la source du Boubioz qui jaillit à 82 mètres de profondeur. Son émissaire unique est le Thiou, un cours d'eau court et rapide qui traverse la vieille ville d'Annecy avant de se jeter dans le Fier. Les rives du lac sont partagées entre des zones urbanisées (Annecy, Annecy-le-Vieux, Sévrier, Saint-Jorioz, Duingt, Doussard) et des espaces naturels préservés, notamment la réserve naturelle du Bout-du-Lac et ses marais.
Histoire
L'histoire du lac est intimement liée à celle de la Savoie et de la ville d'Annecy. Durant la période gallo-romaine, une petite agglomération portuaire, Boutae, existait près de l'actuelle Annecy. Au Moyen Âge, les comtes de Genève puis les ducs de Savoie érigèrent des châteaux pour contrôler ses rives, comme ceux de Duingt, de Menthon-Saint-Bernard ou de Montrottier. Le lac servait de voie de communication et de transport de marchandises (bois, pierre, vin). À partir du XIXe siècle, avec l'arrivée du chemin de fer et la promotion des 'bains de lac', le tourisme balnéaire se développe. La véritable révolution intervient dans les années 1950, lorsque la croissance démographique et l'essor industriel menacent la qualité de l'eau. Face à la pollution naissante, les autorités locales lancent dès 1957 un programme pionnier d'assainissement, aboutissant à la création du SILA (Syndicat Intercommunal du Lac d'Annecy) en 1966. La construction d'un réseau collectif de collecte et de traitement des eaux usées pour toutes les communes riveraines a permis de sauver et de restaurer la pureté du lac, faisant de lui un modèle de gestion environnementale.
Caracteristiques
La caractéristique la plus remarquable du lac d'Annecy est la qualité exceptionnelle de son eau, l'une des plus pures d'Europe pour un lac de plaine. Cette pureté, surveillée en permanence, est due à la protection précoce de son bassin versant et à un traitement rigoureux des eaux usées. La visibilité sous l'eau peut dépasser les 8 à 10 mètres. D'un point de vue géologique, c'est un lac dimictique, dont les eaux se mélangent complètement deux fois par an (au printemps et à l'automne). Sa profondeur maximale est de 82 mètres, atteinte près de la rive est entre Talloires et Menthon-Saint-Bernard. Le lac abrite une biodiversité notable, avec des poissons comme la perche, le brochet, l'omble chevalier (réintroduit) et la truite lacustre, ainsi qu'une avifaune riche dans ses zones humides (hérons, canards, cygnes).
Importance
Le lac d'Annecy est un élément central de l'identité et de l'économie du territoire. Touristiquement, il attire plusieurs millions de visiteurs par an, générant une activité intense autour des sports nautiques (voile, aviron, plongée, baignade), des loisirs (promenades, vélos sur la piste cyclable du lac) et du patrimoine. Écologiquement, il est un symbole de réussite en matière de protection de l'environnement et un laboratoire pour la limnologie (science des lacs). Culturellement, il inspire artistes et écrivains depuis des siècles, de Lamartine, qui y situa son poème 'Le Lac', aux peintres de l'École de Savoie. Il est également un réservoir d'eau potable pour certaines communes et joue un rôle crucial dans la régulation du climat local. Sa gestion, confiée au SILA, reste un enjeu permanent pour concilier préservation et fréquentation.
