Introduction
Situé dans les hautes terres du Guatemala, dans le département de Sololá, le lac Atitlán est une merveille naturelle formée dans une immense caldeira volcanique il y a environ 84 000 ans. À une altitude de 1 562 mètres, il est souvent décrit comme le lac le plus profond d'Amérique centrale, avec des profondeurs dépassant les 340 mètres. Son nom, d'origine nahuatl, signifie "à côté de l'eau", mais il est plus communément appelé "Lago de Atitlán".
Description
Le lac Atitlán s'étend sur environ 130 km² et est célèbre pour son cadre spectaculaire, dominé par les cônes symétriques de trois grands volcans : le volcan Atitlán (3 535 m), le volcan Tolimán (3 158 m) et le volcan San Pedro (3 020 m). Ses eaux, d'un bleu intense et changeant selon la lumière, sont réputées pour leur beauté mais aussi pour leur nature capricieuse, avec des vents violents (appelés Xocomil) qui se lèvent souvent en milieu de journée. Le lac est bordé par une douzaine de villages indigènes, chacun possédant sa propre identité, ses traditions et son costume traditionnel (traje) distinct. Les principaux villages accessibles depuis les rives incluent Panajachel, Santiago Atitlán, San Pedro La Laguna, San Marcos La Laguna et Santa Catarina Palopó.
Histoire
La région du lac Atitlán a été peuplée depuis des millénaires par le peuple maya, notamment les groupes Tz'utujil et Kaqchikel. À l'époque précolombienne, c'était un centre culturel et religieux important. La caldeira elle-même s'est formée lors d'une éruption cataclysmique (la super-éruption du Los Chocoyos) qui a recouvert une grande partie de l'Amérique centrale de cendres. La conquête espagnole, menée par Pedro de Alvarado en 1524, a soumis les royaumes indigènes. Le lac est devenu une destination pour les voyageurs et les explorateurs au XIXe siècle, et sa renommée internationale a grandi au XXe siècle, attirant des écrivains comme Aldous Huxley qui l'a qualifié en 1934 de "plus beau lac du monde". Le XXe siècle a aussi été marqué par les violences de la guerre civile guatémaltèque, particulièrement à Santiago Atitlán.
Caracteristiques
Le lac est de nature endoréique, c'est-à-dire sans émissaire visible ; il perd son eau principalement par évaporation. Sa profondeur maximale est estimée entre 340 et 400 mètres. Une caractéristique unique est la présence de "Cratères", des cônes volcaniques sous-lacustres. La faune comprend l'atitlania (ou poc, *Poecilia sphenops*), un poisson endémique, et le grèbe d'Atitlán (*Podilymbus gigas*), une espèce d'oiseau aquatique déclarée éteinte dans les années 1990 en raison de l'introduction de perches noires et de la dégradation de son habitat. La flore est principalement constituée de cyprès, de pins et d'arbres fruitiers sur les pentes environnantes. Depuis plusieurs années, le lac est confronté à un grave problème de pollution (eaux usées, engrais) et à la prolifération de cyanobactéries (micro-algues), menaçant son écosystème et l'économie locale.
Importance
Le lac Atitlán est d'une importance capitale à plusieurs niveaux. Écologiquement, c'est un écosystème unique et fragile. Culturellement, il est le cœur vivant des communautés mayas Tz'utujil et Kaqchikel, où les langues et traditions ancestrales perdurent. Économiquement, c'est le pilier du tourisme dans la région occidentale du Guatemala, attirant des visiteurs du monde entier pour ses paysages, sa culture et ses activités (randonnée, voile, plongée, méditation). Il représente également une source vitale d'eau et de nourriture (pêche) pour les populations riveraines. Sa préservation est un enjeu national et international, avec des efforts de restauration menés par des organisations locales et gouvernementales.
