Introduction
L'archipel maltais, composé principalement des îles de Malte, Gozo et Comino, est un microcosme d'histoire et de culture en plein cœur de la Méditerranée. Malgré sa superficie modeste (316 km²), il possède une densité de sites historiques et une identité culturelle unique, forgée par sa position stratégique qui en a fait un carrefour et une forteresse convoitée. Sa langue nationale, le maltais, est un héritage fascinant, dérivé de l'arabe siculo-musulman et fortement influencé par l'italien et l'anglais.
Description
L'archipel maltais est constitué de trois îles habitées : Malte (la plus grande), Gozo (plus rurale et verdoyante) et Comino (presque inhabitée, célèbre pour son lagon bleu). Le paysage est principalement caractérisé par un plateau calcaire bas, avec des falaises côtières spectaculaires, des baies profondes et des ports naturels, dont le Grand Harbour de La Valette. Le climat est typiquement méditerranéen, avec des étés chauds et secs et des hivers doux. L'architecture est un témoignage visible de son histoire, allant des temples mégalithiques préhistoriques aux églises baroques surchargées, en passant par les fortifications des Chevaliers de Saint-Jean. La vie sociale et culturelle est profondément marquée par le catholicisme, avec des festas (fêtes paroissiales) animées étant un élément central de l'identité locale.
Histoire
L'histoire de Malte est extraordinairement riche pour sa taille. Elle fut d'abord peuplée vers 5900 av. J.-C. par des sociétés néolithiques qui ont érigé les temples mégalithiques parmi les plus anciens du monde, comme Ġgantija et Ħaġar Qim. Successivement, les Phéniciens, les Carthaginois, les Romains et les Byzantins y ont laissé leur empreinte. En 870 apr. J.-C., les Arabes conquièrent l'île, influençant durablement la langue et l'agriculture. Les Normands de Sicile l'intègrent ensuite au royaume de Sicile en 1091. L'épisode le plus marquant débute en 1530, lorsque l'empereur Charles Quint cède Malte à l'Ordre Souverain Militaire Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem. Les Chevaliers fortifièrent l'archipel et repoussèrent le célèbre Grand Siège des Ottomans en 1565. Ils bâtirent La Valette et firent de Malte un bastion de la chrétienté. Après une brève occupation française sous Napoléon (1798-1800), Malte devint une colonie britannique en 1814, servant de base navale cruciale. Sa résistance héroïque durant le Second Siège (1940-1943) lui valut la George Cross. Malte obtint son indépendance en 1964, devint une république en 1974 et adhéra à l'Union européenne en 2004.
Caracteristiques
Plusieurs caractéristiques définissent Malte de manière unique. Sa langue, le maltais (Malti), est la seule langue sémitique écrite en alphabet latin et une langue officielle de l'UE. Son patrimoine mégalithique est exceptionnel, avec sept temples classés à l'UNESCO. L'architecture militaire des Chevaliers, avec ses villes fortifiées comme Mdina (la « Cité du Silence ») et l'ensemble des ouvrages de La Valette, est un chef-d'œuvre de l'ingénierie de la Renaissance. L'archipel est également un centre important pour l'apprentissage de l'anglais et une plaque tournante pour les services financiers et le jeu en ligne. Sa culture populaire est vibrante, mêlant traditions méditerranéennes et influences britanniques, visible dans sa cuisine (pastizzi, fenkata), ses festas et son sens de l'hospitalité.
Importance
L'importance de Malte dépasse largement sa superficie. Historiquement, elle a été une clé de la domination navale en Méditerranée centrale. Aujourd'hui, son adhésion à l'UE et à la zone euro, son statut de membre du Commonwealth, et sa position géographique en font un pont entre l'Europe et l'Afrique du Nord, ainsi qu'un acteur dans les questions méditerranéennes comme la migration. Sur le plan culturel, son patrimoine historique est d'une valeur inestimable pour la compréhension des échanges et des conflits en Méditerranée. Économiquement, c'est un modèle de réussite pour les micro-États, ayant su transformer ses atouts (main-d'œuvre qualifiée, multilinguisme, stabilité) en une économie de services prospère. Enfin, sa résilience et son identité distincte en font un exemple fascinant de préservation culturelle face aux influences extérieures successives.
