Introduction
Le fleuve Saint-Laurent est un géant hydrographique, une artère vitale qui a façonné l'histoire, l'économie et l'écologie du Canada et du nord-est des États-Unis. Prenant sa source dans le lac Ontario à Kingston, il s'écoule sur près de 1 200 kilomètres (depuis l'extrémité ouest du lac Ontario) jusqu'au golfe du Saint-Laurent, qui s'ouvre sur l'Atlantique. Avec son bassin versant de plus de 1,6 million de km², drainant les Grands Lacs, il constitue l'un des plus grands systèmes fluviaux du globe.
Description
Le cours du Saint-Laurent peut être divisé en plusieurs sections distinctes. Depuis le lac Ontario, il traverse les Mille-Îles, une région archipélagique, avant de franchir des rapides et de s'élargir en un large cours d'eau douce. Il passe par Montréal, où il est rejoint par son principal affluent, la rivière des Outaouais. En aval de Montréal, il s'élargit considérablement pour former le lac Saint-Louis, puis le lac Saint-Pierre, une vaste zone humide d'importance mondiale (site Ramsar). Après Québec, le fleuve commence à se saliniser et à s'élargir pour devenir un estuaire, avec des marées perceptibles. Finalement, il se transforme en un immense golfe, le golfe du Saint-Laurent, avant de se jeter dans l'océan Atlantique. Son débit moyen à l'embouchure est d'environ 10 000 m³/s, mais peut varier considérablement.
Histoire
Le fleuve a été nommé par l'explorateur français Jacques Cartier, qui y est entré le 10 août 1535, jour de la fête de Saint Laurent. Il était déjà connu et utilisé depuis des millénaires par les peuples autochtones (Iroquoiens du Saint-Laurent, puis plus tard par les nations Anishinaabeg, Hurons-Wendat et Mohawks) qui l'appelaient « le grand chemin qui marche ». Il devint la « route vers l'intérieur » pour les explorateurs, les missionnaires et les coureurs des bois français (Samuel de Champlain en fonda Québec sur ses rives en 1608), formant l'épine dorsale de la Nouvelle-France. Après la Conquête britannique (1763), il resta la principale voie de transport et de peuplement. La construction de la Voie maritime du Saint-Laurent, inaugurée en 1959, fut un projet pharaonique qui a permis aux navires océaniques d'atteindre les Grands Lacs, transformant les villes intérieures comme Toronto et Chicago en ports maritimes.
Caracteristiques
Le Saint-Laurent présente des caractéristiques physiques remarquables. Sa section entre Kingston et Montréal est parsemée de plus de 1 800 îles (les Mille-Îles). Les rapides historiques de Lachine, près de Montréal, ont été contournés par des canaux. Le fleuve abrite une faune marine impressionnante, notamment la population de bélugas (baleines blanches) de l'estuaire, espèce en voie de disparition, ainsi que des rorquals, des phoques et de nombreux poissons (esturgeon, maskinongé). Son régime hydrologique est régulé par les Grands Lacs, ce qui atténue les crues, mais le niveau des eaux peut être affecté par les changements climatiques. L'eau passe progressivement de douce à saumâtre puis salée dans l'estuaire et le golfe, créant des écosystèmes uniques.
Importance
L'importance du Saint-Laurent est multidimensionnelle. Économiquement, c'est un corridor de transport majeur : la Voie maritime et la voie navigable des Grands Lacs permettent le transit de millions de tonnes de marchandises (céréales, minerai de fer, produits manufacturés) chaque année. Il fournit de l'eau potable à des millions de personnes et son potentiel hydroélectrique est exploité (centrales de Beauharnois et autres). Écologiquement, c'est un habitat crucial pour de nombreuses espèces et un axe migratoire pour les oiseaux. Culturellement, il est au fondement de l'identité du Québec et de l'Ontario, ayant inspiré une riche littérature, folklore et traditions. Il demeure un lieu de vie, de loisirs et un symbole national puissant du Canada.
