Introduction
Le bassin Murray-Darling est l'épine dorsale hydrologique et économique du sud-est de l'Australie. S'étendant sur plus de 1 million de kilomètres carrés à travers quatre États (Queensland, Nouvelle-Galles du Sud, Victoria et Australie-Méridionale) et un territoire (Territoire de la capitale australienne), il représente le système de drainage le plus étendu et le plus important du continent. Plus qu'un simple réseau de rivières, il s'agit d'un écosystème complexe et d'une ressource cruciale qui a façonné l'histoire, l'agriculture et les politiques environnementales de l'Australie.
Description
Le système est dominé par deux grands cours d'eau. Le fleuve Murray, long d'environ 2 508 km, prend sa source dans les Alpes australiennes et coule vers l'ouest, formant une grande partie de la frontière entre la Nouvelle-Galles du Sud et le Victoria, avant de se diriger vers le sud-ouest en Australie-Méridionale pour se jeter dans l'océan Austral près de Goolwa. Le fleuve Darling, d'une longueur d'environ 1 472 km, est le plus long affluent du Murray. Il naît dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, à la confluence des rivières Culgoa et Barwon, et draine les vastes plaines de l'ouest. Le bassin comprend également des rivières majeures comme le Murrumbidgee, le Lachlan et le Goulburn. Son débit est extrêmement variable, sujet à des sécheresses prolongées et à des inondations soudaines, caractéristique typique des climats arides et semi-arides.
Histoire
Les peuples autochtones, dont les nations Ngarrindjeri, Barkindji et Yorta Yorta, ont habité et entretenu le bassin pendant des dizaines de milliers d'années, développant une riche culture spirituelle et une gestion sophistiquée des ressources. L'exploration européenne a commencé au début du XIXe siècle. Charles Sturt a découvert le fleuve Murray en 1829-30, et plus tard, il a été établi que le Darling était l'un de ses affluents. La colonisation a suivi, avec la navigation à vapeur ouvrant l'intérieur des terres dans les années 1850. Le XXe siècle a vu une expansion massive de l'irrigation, facilitée par des projets d'ingénierie majeurs comme les barrages de Hume et de Dartmouth et les vastes réseaux de canaux du Murrumbidgee et de la Riverina. Cette transformation a permis à la région de devenir le « garde-manger » de l'Australie, mais a également entraîné une surexploitation des ressources en eau et une dégradation environnementale.
Caracteristiques
Le bassin présente des caractéristiques uniques. Son débit annuel moyen est faible et très irrégulier comparé à sa taille immense. Il traverse une grande diversité de paysages : des montagnes alpines aux forêts riveraines (red gum forests), des plaines inondables complexes (comme les Barmah-Millewa Forest) aux zones humides d'importance internationale (comme les Coorong et le lac Alexandrina). Le climat est principalement semi-aride, avec une forte évaporation. Le bassin abrite une biodiversité remarquable, incluant des espèces emblématiques comme le poisson-perche Murray (Murray cod), la tortue du fleuve Murray et de nombreuses espèces d'oiseaux aquatiques. La salinité des sols et de l'eau est un problème environnemental majeur, résultant du défrichement historique et des pratiques d'irrigation.
Importance
L'importance du bassin est immense. Sur le plan économique, il produit environ 40% de la valeur agricole de l'Australie, fournissant des récoltes cruciales comme le riz, le coton, les vignes, les agrumes et les noix, et supportant d'importants élevages de bétail et de moutons. Il fournit de l'eau potable à plus de 3 millions de personnes, y compris à la ville d'Adélaïde. Environnementalement, c'est un corridor de vie essentiel pour la flore et la faune indigènes. Culturellement, il revêt une importance profonde pour les nations autochtones. Sa gestion est l'un des défis politiques les plus complexes d'Australie, aboutissant au Plan du bassin Murray-Darling (Murray-Darling Basin Plan) de 2012, une initiative historique visant à rétablir la santé du système en restituant de l'eau à l'environnement tout en soutenant les communautés et l'agriculture.
