Introduction
Le Zambèze, artère vitale de l'Afrique australe, est un fleuve majestueux qui incarne à la fois la puissance brute de la nature et l'importance géopolitique et économique d'un bassin versant transfrontalier. Il prend sa source dans une modeste tourbière en Zambie et termine son cours dans un large delta sur l'océan Indien, façonnant les paysages, les écosystèmes et les vies de millions de personnes sur son passage. Plus qu'un simple cours d'eau, le Zambèze est un symbole de l'Afrique, porteur d'histoire, de biodiversité et d'enjeux de développement contemporains.
Description
Le Zambèze s'écoule sur environ 2 700 kilomètres, ce qui en fait le quatrième fleuve d'Afrique par la longueur, après le Nil, le Congo et le Niger. Sa source se situe dans le nord-ouest de la Zambie, près de la frontière avec la République démocratique du Congo et l'Angola, à une altitude d'environ 1 500 mètres. Son bassin versant, d'une superficie d'environ 1,4 million de km², couvre des parties de la Zambie, de l'Angola, de la Namibie, du Botswana, du Zimbabwe et du Mozambique. Le cours du fleuve peut être divisé en trois sections principales. Le cours supérieur, de la source jusqu'aux chutes Victoria, est caractérisé par une pente douce et de larges plaines inondables. Le cours moyen, entre les chutes Victoria et le lac de retenue du barrage de Cahora Bassa, traverse des gorges profondes et escarpées. Enfin, le cours inférieur, du barrage jusqu'à l'océan Indien, est plus large et navigable sur certaines sections, se terminant par un vaste delta de 120 km de large au Mozambique.
Histoire
Le Zambèze est connu des populations locales depuis des millénaires, servant de voie de communication et de source de nourriture. Les premiers explorateurs européens à le documenter furent les Portugais au XVIe siècle. Cependant, c'est l'explorateur écossais David Livingstone qui le fit connaître au monde occidental lors de ses expéditions entre 1851 et 1856. Il fut le premier Européen à voir les chutes Mosi-oa-Tunya (« la fumée qui gronde ») qu'il renomma « Victoria » en l'honneur de la reine britannique. Sa cartographie ouvrit la voie à la colonisation et au commerce dans la région. Au XXe siècle, le fleuve devint un enjeu géopolitique, avec la construction de grands barrages comme celui de Kariba (achevé en 1959, à la frontière Zambie-Zimbabwe) et de Cahora Bassa (1974, au Mozambique), visant à produire de l'hydroélectricité et à réguler le débit, mais ayant des impacts sociaux et environnementaux profonds.
Caracteristiques
Le Zambèze présente plusieurs caractéristiques physiques remarquables. Son débit moyen à l'embouchure est d'environ 3 400 m³/s, mais il est très variable selon les saisons, avec des crues importantes de février à avril. Le fleuve abrite une biodiversité exceptionnelle. Ses eaux et ses rives sont le refuge d'hippopotames, de crocodiles du Nil, et de nombreuses espèces de poissons, dont le célèbre « tigerfish » (Hydrocynus vittatus). Les plaines inondables, comme le Barotseland en Zambie, sont des écosystèmes cruciaux pour la faune et l'agriculture. Le fleuve est également ponctué de rapides et de chutes, les plus célèbres étant les chutes Victoria, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO. Avec 1 700 mètres de large et une chute de plus de 100 mètres, elles constituent le plus grand rideau d'eau tombant au monde.
Importance
L'importance du Zambèze est multidimensionnelle. Écologiquement, il constitue un corridor vital pour la faune sauvage et maintient des écosystèmes uniques. Économiquement, il est une source cruciale d'énergie hydroélectrique pour la région, alimentant les industries et les villes via les barrages de Kariba et Cahora Bassa. Il soutient une pêche importante pour la sécurité alimentaire locale et son potentiel touristique, centré sur les chutes Victoria et les safaris en amont, est un moteur économique majeur pour la Zambie et le Zimbabwe. Socialement, il fournit de l'eau pour l'agriculture, l'élevage et la consommation domestique. Cependant, cette importance s'accompagne de défis : la gestion transfrontalière de ses ressources est complexe, les sécheresses récurrentes mettent sous tension son débit, et les impacts des barrages sur les communautés en aval et la sédimentation du delta sont des sujets de préoccupation majeurs.
