Introduction
L'Orénoque, avec une longueur d'environ 2 140 kilomètres, est le troisième plus long fleuve d'Amérique du Sud après l'Amazone et le Paraná. Prenant sa source dans les montagnes de la Sierra Parima, à la frontière entre le Venezuela et le Brésil, il traverse le Venezuela sur la majeure partie de son parcours avant de se jeter dans l'océan Atlantique par un vaste delta. Il constitue un axe vital pour l'écologie, l'économie et la culture du Venezuela et de la Colombie, qu'il borde sur une partie de son cours.
Description
Le cours de l'Orénoque peut être divisé en quatre sections principales. La haute partie, depuis sa source jusqu'aux rapides de Atures et Maipures, est une région de forêts denses et de reliefs accidentés. La section moyenne, entre ces rapides et la ville de Ciudad Bolívar, est plus large et navigable. La basse partie s'étend jusqu'au début du delta, caractérisée par de vastes plaines inondables appelées « Llanos ». Enfin, le delta de l'Orénoque, l'un des plus grands du monde, couvre environ 25 000 km² et se compose d'un labyrinthe de canaux (caños) et d'îles couvertes de mangroves. Le fleuve connaît des variations saisonnières extrêmes, avec une crue spectaculaire pendant la saison des pluies qui peut faire monter son niveau de plus de 15 mètres, inondant des milliers de kilomètres carrés de terres.
Histoire
L'Orénoque a été « découvert » pour le monde occidental par Christophe Colomb lors de son troisième voyage en 1498. Cependant, ses rives étaient habitées depuis des millénaires par divers peuples autochtones. La première exploration européenne approfondie fut menée par l'Allemand Alexander von Humboldt en 1800, qui étudia sa faune, sa flore et le fameux phénomène du « canal de Casiquiare ». Ce dernier est une connexion naturelle unique entre le bassin de l'Orénoque et celui de l'Amazone via le Rio Negro, un cas rare de bifurcation fluviale. Pendant la période coloniale, le fleuve servit de voie pour la recherche de l'Eldorado et fut une frontière disputée entre les empires espagnol et portugais. Au XIXe et XXe siècles, il a joué un rôle clé dans l'exploitation du caoutchouc et des ressources minières.
Caracteristiques
Principales caractéristiques : Longueur : environ 2 140 km. Bassin versant : environ 880 000 km² (le 3ème d'Amérique du Sud). Débit moyen : environ 33 000 m³/s à son embouchure, variant énormément selon les saisons. Source : Cerro Delgado-Chalbaud, Sierra Parima (Venezuela/Brésil), à environ 1 047 m d'altitude. Embouchure : Delta de l'Orénoque dans l'océan Atlantique. Affluents majeurs : Ventuari, Caura, Caroní (côté sud), Apure, Meta, Guaviare (côté nord/ouest). Particularités géographiques : Le canal de Casiquiare, les rapides d'Atures et Maipures, les tepuys du parc national Canaima (dont l'Angel Falls, la plus haute chute d'eau du monde, sur un affluent du Caroní), et les vastes Llanos.
Importance
L'Orénoque est d'une importance capitale à plusieurs niveaux. Écologiquement, son bassin abrite une biodiversité stupéfiante, avec des écosystèmes allant de la forêt tropicale humide à la savane inondable. On y trouve des espèces emblématiques comme le dauphin de l'Orénoque (Inia geoffrensis humboldtiana), le lamantin, la loutre géante, l'anaconda, l'ara et des milliers d'espèces de poissons. Économiquement, il est une voie de transport essentielle pour les régions intérieures. Le bassin est riche en ressources : pétrole dans le delta et la ceinture de l'Orénoque, minerai de fer dans le « Cerro Bolívar » (exploité près de Ciudad Guayana), hydroélectricité massive via le complexe du Guri sur le Caroní, et potentiel agricole dans les Llanos. Culturellement, il est au cœur de l'identité vénézuélienne, inspirant la littérature, la musique (comme le « joropo » des Llanos) et les mythes. Il reste le foyer de nombreuses communautés autochtones (comme les Warao, « le peuple de la pirogue », dans le delta).
