Introduction
Le Don est un fleuve majestueux de la plaine russe, souvent surnommé le "Don Paisible" ou "Don Tranquille" dans la littérature et les chansons populaires, bien que son histoire soit marquée par de nombreux conflits. Il draine un bassin versant d'environ 425 600 km² et constitue un axe vital pour le sud-ouest de la Russie, reliant les régions centrales aux mers du Sud. Son cours inférieur est célèbre pour ses paysages de steppes et son riche patrimoine culturel cosaque.
Description
Le Don prend sa source dans les terres de la région de Toula, à environ 200 km au sud de Moscou, à une altitude modeste. Son cours, d'une longueur de 1 870 km (le 5e plus long d'Europe après la Volga, le Danube, l'Oural et le Dniepr), est remarquablement sinueux, notamment dans sa partie moyenne, où il décrit de larges méandres dans la plaine. Il coule globalement vers le sud-est avant de virer brusquement vers l'ouest pour former une grande boucle, puis se dirige résolument vers le sud-ouest pour se jeter dans la mer d'Azov par un large estuaire (le golfe de Taganrog). Ses principaux affluents sont la Voronej, le Khoper (le plus important en débit) et le Medveditsa sur la rive gauche, et le Donets (le plus long) sur la rive droite. Le régime du Don est nival de plaine, avec des crues importantes au printemps dues à la fonte des neiges et un étiage marqué en été.
Histoire
Le Don, connu sous le nom de Tanaïs dans l'Antiquité, a été une frontière et un carrefour de civilisations. Les Grecs établirent des comptoirs à son embouchure. Il fut ensuite une frontière entre les mondes slave et nomade (Khazars, Coumans, Mongols). À partir du XVe siècle, il devint le cœur du territoire des Cosaques du Don, une communauté militaire libre qui joua un rôle crucial dans l'expansion de la Russie. La forteresse de Starocherkassk, puis Rostov-sur-le-Don, en furent les capitales. Le fleuve fut le théâtre de révoltes majeures, comme celle de Stenka Razine au XVIIe siècle et de Pougatchev au XVIIIe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la région du Don fut le lieu de batailles titanesques, notamment lors de l'opération Uranus qui conduisit à l'encerclement de la 6e armée allemande à Stalingrad (située sur la Volga, mais les opérations s'étendaient jusqu'au Don).
Caracteristiques
Le Don présente plusieurs caractéristiques physiques notables. Son débit moyen à son embouchure est d'environ 935 m³/s, mais il est fortement régulé. Le canal Volga-Don, inauguré en 1952, est une réalisation majeure qui le relie à la Volga près de Volgograd, créant ainsi une voie navigable unissant la mer Caspienne, la mer d'Azov et la mer Noire. Le réservoir de Tsimliansk, créé par un grand barrage, régule son cours inférieur, fournit de l'hydroélectricité et irrigue de vastes zones agricoles. La pente du fleuve est très faible (environ 0,1‰), expliquant son cours lent et sinueux. Sa vallée est asymétrique : la rive droite est élevée et escarpée, tandis que la rive gauche est basse et plate, parsemée de lacs et d'anciens bras morts.
Importance
L'importance du Don est multiple. Économiquement, il est une artère de transport cruciale, surtout depuis la construction du canal Volga-Don, permettant le transit de marchandises entre les bassins maritires du Sud et le réseau fluvial russe. Son bassin est une région agricole fertile (blé, tournesol) et riche en ressources (charbon du Donbass à proximité). Culturellement, il est indissociable de l'identité des Cosaques du Don, célébrée dans la littérature (comme dans "Le Don Paisible" de Mikhaïl Cholokhov, prix Nobel) et le folklore. Écologiquement, son estuaire et ses zones humides sont d'importance pour la migration des oiseaux. Aujourd'hui, le fleuve fait face à des défis de pollution industrielle et agricole, et à une pression sur ses ressources en eau.
