Introduction
Le fleuve Columbia, long d'environ 2 000 kilomètres, est une artère vitale du nord-ouest de l'Amérique du Nord. Son bassin versant, d'une superficie de près de 670 000 km², s'étend sur sept États américains (Washington, Oregon, Idaho, Montana, Wyoming, Nevada, Utah) et la province canadienne de la Colombie-Britannique. Il est le quatrième fleuve des États-Unis par son débit et le plus puissant d'Amérique du Nord en termes de potentiel hydroélectrique. Son histoire est intimement liée aux peuples autochtones, à l'exploration, au commerce des fourrures et au développement économique de la région.
Description
Le Columbia prend sa source dans le lac Columbia, dans les Rocheuses de Colombie-Britannique au Canada. Il coule d'abord vers le nord-ouest, puis effectue un virage spectaculaire (le « Big Bend ») pour se diriger vers le sud et traverser la frontière internationale. Aux États-Unis, il traverse le plateau du Columbia, une région aride sculptée par d'immenses inondations glaciaires (les « Missoula Floods »). Son cours est marqué par de profondes gorges, dont la spectaculaire Columbia River Gorge. Il reçoit d'importants affluents comme la Snake, la Willamette et la Kootenay. Son estuaire, large de près de 10 km, est franchi par un pont impressionnant près d'Astoria, avant de se jeter dans l'océan Pacifique.
Histoire
Le fleuve est habité depuis des millénaires par de nombreuses nations autochtones (Nez-Percés, Yakamas, Umatilla, etc.) qui dépendaient de ses abondantes ressources, notamment les saumons. Il fut « découvert » pour le monde occidental par l'explorateur américain Robert Gray en 1792, qui lui donna le nom de son navire, le *Columbia Rediviva*. L'expédition Lewis et Clark (1804-1806) en a reconnu le cours inférieur, ouvrant la voie à la colonisation. Au 19ème siècle, il devint une voie majeure pour le commerce des fourrures et la route de l'Oregon. Le 20ème siècle a vu sa transformation radicale par une série de grands barrages, initiée par le barrage de Grand Coulee (achevé en 1942) dans le cadre du New Deal et du Columbia River Treaty de 1964 avec le Canada.
Caracteristiques
Le Columbia présente des caractéristiques physiques remarquables. Son débit moyen à l'embouchure est d'environ 7 500 m³/s, mais il a connu des crues historiques dépassant les 35 000 m³/s. Son bassin est l'un des plus productifs au monde pour l'hydroélectricité, avec plus de 400 barrages, dont 14 sur le cours principal. Le plus grand, Grand Coulee, est une structure massive en béton. Le fleuve connaissait autrefois d'énormes migrations de saumons (estimées à 10-16 millions de poissons par an), qui ont été dramatiquement réduites par les barrages. Son régime hydrologique, autrefois marqué par des crues printanières de fonte des neiges, est maintenant largement régulé par les réservoirs.
Importance
L'importance du Columbia est multiforme. Économiquement, il est la colonne vertébrale énergétique de la région, produisant environ 40% de l'hydroélectricité des États-Unis. Ses eaux irriguent plus de 2 500 km² de terres agricoles, transformant le désert en vergers et champs fertiles (notamment la région de Tri-Cities). Il fournit une voie navigable cruciale jusqu'à Lewiston, dans l'Idaho, à 800 km de l'océan. Écologiquement, il est au cœur d'enjeux majeurs de conservation, notamment la restauration des populations de saumon, protégées par traité avec les tribus. Culturellement, il reste un symbole puissant de la nature et de l'histoire du Nord-Ouest, source d'inspiration et de conflits entre développement, énergie propre et préservation des écosystèmes.
