Introduction
Tirana, capitale de l'Albanie, est une ville en pleine métamorphose, symbole de la résilience et des aspirations européennes d'un pays. Nichée dans une plaine fertile, entourée de collines et de montagnes, elle mélange de manière fascinante les héritages ottoman et communiste avec une énergie contemporaine vibrante. Avec une population d'environ 900 000 habitants dans son aire urbaine, c'est le poumon économique et le principal carrefour culturel du pays.
Description
Le cœur de Tirana bat sur la vaste Place Skanderbeg, du nom du héros national albanais du XVe siècle. Cette place est bordée par des bâtiments emblématiques : la Mosquée Et'hem Bey (fin XVIIIe-début XIXe siècle), joyau de l'époque ottomane ; la Tour de l'Horloge (Kulla e Sahatit) ; et le Palais de la Culture, un imposant édifice de style soviétique. Un trait distinctif de la ville est la transformation opérée depuis les années 2000 sous l'impulsion de l'ancien maire (et futur Premier ministre) Edi Rama, artiste de formation, qui a lancé une campagne de peinture des façades d'immeubles communistes en couleurs vives, donnant à la ville un caractère unique et optimiste. La ville est traversée par la rivière Lana et possède plusieurs grands parcs, dont le Grand Parc (Parku i Madh) avec son lac artificiel. L'architecture moderne côtoie les bunkers en béton, vestiges paranoïaques de l'ère d'Enver Hoxha.
Histoire
Tirana fut fondée en 1614 par Sulejman Pasha Bargjini, un général ottoman, qui y fit construire une mosquée, un bain turc et une boulangerie. Elle resta une petite ville de marché pendant des siècles. Son destin changea radicalement lorsque, le 8 février 1920, le Congrès de Lushnjë la désigna comme capitale provisoire de la jeune Albanie indépendante, un statut qui devint permanent. La ville se développa modestement sous la monarchie de Zog Ier. L'arrivée au pouvoir des communistes en 1944, avec Enver Hoxha à leur tête, marqua une période de transformation radicale. Tirana devint le centre du régime isolationniste et stalinien, avec la construction de larges boulevards, de bâtiments gouvernementaux monumentaux et de milliers de bunkers. Après la chute du communisme en 1991, la ville a connu une croissance anarchique, une crise économique profonde, puis, depuis le début du XXIe siècle, une période de développement rapide, de rénovation urbaine et d'ouverture sur l'Europe.
Caracteristiques
Tirana se caractérise par son extrême contrastes. Son tissu urbain mêle des maisons à un ou deux étages de style ottoman, des blocs d'habitation gris et délabrés de l'ère communiste, des immeubles colorés et des tours de verre modernes. C'est une ville jeune, avec une population très dynamique. Sur le plan administratif, elle est à la fois une municipalité et un comté. L'économie est dominée par les services, le commerce, la construction et une administration publique pléthorique. La vie culturelle est intense, avec des institutions comme le Théâtre National de l'Opéra et du Ballet, la Galerie Nationale des Arts (installée dans un ancien bâtiment du ministère de l'Intérieur), et le tout nouveau complexe culturel "Pyramid of Tirana", ancien mausolée d'Enver Hoxha réhabilité. La cuisine de rue, les cafés omniprésents et la vie nocturne animée contribuent à son atmosphère particulière.
Importance
En tant que capitale, Tirana concentre tous les pouvoirs politiques (siège du gouvernement, de l'Assemblée et des principales institutions), économiques (sièges sociaux, bourse) et médiatiques de l'Albanie. C'est la porte d'entrée principale du pays pour les investissements étrangers et le tourisme. Son importance régionale dans les Balkans s'accroît, notamment comme acteur diplomatique dans les processus d'intégration à l'Union européenne et à l'OTAN (dont l'Albanie est membre depuis 2009). La ville est également un symbole de la transition post-communiste en Europe, servant de modèle (avec ses limites) de transformation urbaine et sociale. Son aéroport international "Mère Teresa" est le hub aérien national.
