Introduction
Perchée sur les collines du centre de la Cisjordanie, à environ 15 kilomètres au nord de Jérusalem, Ramallah est le siège du gouvernement de l'Autorité palestinienne et le cœur administratif, diplomatique et culturel de l'État de Palestine. Bien que Jérusalem-Est soit revendiquée comme la capitale historique et légitime, Ramallah assume depuis les accords d'Oslo dans les années 1990 le rôle de capitale de facto. C'est une ville dynamique, cosmopolite et en constante évolution, où se côtoient institutions gouvernementales, sièges d'ONG internationales, une scène artistique vibrante et une société civile active.
Description
Ramallah, dont le nom signifie "la colline de Dieu" en arabe, est située à une altitude d'environ 880 mètres, ce qui lui confère un climat relativement doux. La ville, initialement un village chrétien, a connu une expansion massive au cours des dernières décennies, fusionnant pratiquement avec la ville voisine d'Al-Bireh. Son paysage urbain est marqué par des bâtiments gouvernementaux modernes, comme le complexe de la Muqata'a (siège présidentiel), des immeubles d'habitation et commerciaux, mais aussi par des quartiers résidentiels plus anciens. La place Al-Manara est le centre névralgique traditionnel. La ville abrite de nombreuses universités, dont l'Université de Birzeit, et des institutions culturelles majeures comme le Théâtre national palestinien (Al-Hakawati) et le Musée d'Art Palestinien. Malgré le contexte géopolitique complexe, Ramallah présente une vie nocturne animée, une gastronomie variée et une économie de services en croissance, bien que fortement dépendante de l'aide internationale et marquée par les restrictions israéliennes.
Histoire
Les origines de Ramallah remontent au XVIe siècle, lorsqu'elle fut fondée par des familles chrétiennes (principalement de rite grec-orthodoxe) venues de la région de Karak, en Jordanie. Pendant des siècles, elle resta un petit village agricole sous la domination de l'Empire ottoman. Au XIXe siècle, l'arrivée de missions religieuses et d'écoles chrétiennes lui donna un certain essor. Le mandat britannique (1920-1948) vit sa croissance se poursuivre. Le tournant majeur intervient avec la guerre de 1948 (Nakba) et l'arrivée de réfugiés palestiniens, puis surtout après la guerre de 1967 et l'occupation israélienne de la Cisjordanie. Dans les années 1990, les accords d'Oslo désignent Ramallah comme faisant partie de la zone A (sous contrôle civil et sécuritaire palestinien). Après l'établissement de l'Autorité palestinienne en 1994, Yasser Arafat y installe son quartier général dans la Muqata'a, transformant la ville en centre du pouvoir politique. Elle devient le siège de la plupart des ministères, des représentations étrangères et des institutions nationales, consolidant son statut de capitale administrative.
Caracteristiques
Ramallah se caractérise par plusieurs traits distinctifs. D'abord, son rôle politique : elle abrite le président, le gouvernement, le Conseil législatif palestinien (bien que son activité soit paralysée) et de nombreuses ambassades. Ensuite, son profil démographique et religieux : historiquement chrétienne, elle est aujourd'hui majoritairement musulmane mais reste un symbole de coexistence, avec une présence significative d'églises aux côtés des mosquées. Troisièmement, son dynamisme culturel et médiatique : la ville est le centre de la presse palestinienne (agence WAFA, journaux) et de nombreuses productions artistiques et cinématographiques. Enfin, son économie est centrée sur les services, la finance (Bourse de Palestine), le tourisme politique/d'affaires et les ONG. Cependant, cette prospérité relative est fragile et inégalement répartie, et la ville reste encerclée par des checkpoints israéliens et la barrière de séparation, qui limitent les déplacements et l'accès à Jérusalem.
Importance
L'importance de Ramallah dépasse largement sa taille ou son ancienneté. Elle est le centre opérationnel de la gouvernance palestinienne et le lieu où se joue une grande partie de la diplomatie internationale concernant le conflit israélo-palestinien. En l'absence d'accès à Jérusalem-Est, elle incarne la capitale tangible de l'aspiration à un État palestinien. C'est également un laboratoire de la société civile palestinienne, avec des mouvements actifs dans les domaines des droits humains, de la culture et de l'innovation. Symboliquement, Ramallah représente la modernité et la résistance par la construction d'institutions (sumud, ou résilience). Son impact est double : à l'intérieur, elle polarise l'économie et l'administration de la Cisjordanie ; à l'extérieur, elle sert de vitrine, souvent contradictoire, de la réalité palestinienne, entre normalité apparente et contraintes de l'occupation.
