Introduction
Paramaribo, souvent surnommée 'Parbo' par ses habitants, est une ville au charme singulier où se mêlent l'histoire coloniale, une diversité ethnique remarquable et une atmosphère tropicale détendue. Capitale du plus petit État souverain d'Amérique du Sud, elle se distingue par son plan urbain géométrique du XVIIe siècle et son architecture en bois préservée, témoignage exceptionnel du métissage culturel entre les traditions européennes, autochtones, africaines et asiatiques.
Description
Paramaribo s'étend sur environ 15 kilomètres le long de la rive gauche du fleuve Suriname, à une vingtaine de kilomètres de son embouchure dans l'océan Atlantique. Son centre historique, le cœur de la ville, est organisé autour de la place de l'Indépendance (Onafhankelijkheidsplein), bordée par le palais présidentiel, l'Assemblée nationale et la Cour de justice. L'architecture est dominée par des bâtiments en bois aux façades blanches, aux toits de tuiles rouges et aux volets verts, caractéristique de l'époque coloniale néerlandaise. La ville est un véritable creuset culturel : on y trouve des mosquées, des synagogues, des temples hindous et des églises chrétiennes coexistant pacifiquement, reflétant la composition de sa population (descendants d'Africains, d'Indiens, de Javanais, de Chinois, de Créoles et d'Amérindiens). Les marchés, comme le marché central et le marché flottant, sont des lieux d'animation et de commerce essentiels.
Histoire
Le site était à l'origine habité par des populations amérindiennes. Les premiers établissements européens permanents furent fondés par les Britanniques en 1650, mais c'est sous la domination néerlandaise, à partir de 1667 (traité de Breda), que la ville se développa véritablement comme centre administratif et commercial de la colonie du Suriname. Elle fut officiellement désignée capitale en 1667. Son plan en damier fut établi au XVIIIe siècle. La prospérité de la ville reposait alors sur les plantations de sucre, de café et de cacao, exploitées par une main-d'œuvre esclave africaine. Après l'abolition de l'esclavage en 1863, des travailleurs sous contrat furent amenés d'Inde, de Java (Indonésie) et de Chine, façonnant la diversité actuelle. Paramaribo fut gravement endommagée par un grand incendie en 1821 et à nouveau en 1832. Le Suriname obtint son indépendance des Pays-Bas en 1975, confirmant Paramaribo comme capitale nationale. Son centre historique a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2002.
Caracteristiques
La caractéristique la plus frappante de Paramaribo est son architecture coloniale en bois, unique dans la région des Caraïbes. La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, construite entièrement en bois en 1885, est l'une des plus grandes structures en bois des Amériques. La ville possède un fort, Fort Zeelandia, construit à l'origine par les Français en 1640, qui abrite aujourd'hui un musée. Le Palais présidentiel, construit au XVIIIe siècle, est entouré de jardins paysagers. Le multilinguisme est une autre caractéristique : le néerlandais est la langue officielle, mais le sranan tongo (créole surinamais) est largement utilisé comme lingua franca, aux côtés de l'hindi, du javanais et de l'anglais. La cuisine de rue reflète cette diversité, mêlant roti, bami, pom (un plat à base de tubercule de tayer) et saoto (soupe).
Importance
Paramaribo est le poumon économique et politique incontesté du Suriname. Elle concentre la quasi-totalité des institutions gouvernementales, des sièges sociaux des entreprises (notamment dans les secteurs de la bauxite, de l'or et du pétrole) et des établissements d'enseignement supérieur, comme l'Université Anton de Kom. C'est également le principal port du pays, par lequel transitent la majorité des importations et des exportations. Sur le plan culturel, elle est le foyer de la vie artistique et médiatique nationale. Son statut de site du patrimoine mondial lui confère une importance touristique croissante, bien que modeste. En tant que capitale d'un État membre de la CARICOM (Communauté des Caraïbes), elle joue un rôle dans la diplomatie régionale. Sa préservation est un défi constant face aux pressions du développement moderne et aux conditions climatiques tropicales.
