Introduction
Luanda, surnommée la 'Paris de l'Afrique' pour son héritage architectural et son rôle culturel, est une métropole vibrante et contrastée. Capitale de l'Angola, elle s'étend le long d'une magnifique baie naturelle et constitue le principal port, centre administratif et moteur économique du pays. Son histoire, marquée par la traite négrière, la colonisation portugaise et une longue guerre civile, a façonné une ville aux multiples facettes, où la pauvreté côtoie une richesse pétrolière récente.
Description
Luanda est située sur la côte nord-ouest de l'Angola, sur les rives de la baie de Luanda, abritée par l'île de Luanda. La ville se divise en deux parties principales : la Baixa de Luanda (la ville basse), le centre historique près du port, et la Cidade Alta (la ville haute), plus récente et administrative. L'architecture témoigne de son passé colonial portugais avec des forts, des églises et des bâtiments aux façades colorées, comme ceux de l'Avenida Marginal. Face à eux, des tours de verre et d'acier symbolisent le boom économique post-guerre civile, alimenté par le pétrole. La ville est cosmopolite, avec une population estimée à plus de 8 millions d'habitants, ce qui en fait l'une des plus grandes villes d'Afrique lusophone. Le climat est tropical sec, avec une saison chaude et pluvieuse et une longue saison fraîche influencée par le courant de Benguela.
Histoire
Luanda fut fondée le 25 janvier 1575 par l'explorateur portugais Paulo Dias de Novais sous le nom de 'São Paulo da Assunção de Loanda'. Elle devint rapidement un pivot majeur de la traite transatlantique des esclaves vers le Brésil, fonction qu'elle conserva pendant près de trois siècles. La ville fut le centre administratif de la colonie portugaise d'Angola. Après une brève occupation néerlandaise (1641-1648), les Portugais reprirent le contrôle et renforcèrent ses défenses, comme en témoigne la forteresse de São Miguel. Au 19ème siècle, avec l'abolition de l'esclavage, son économie se tourna vers le commerce de l'ivoire, du café, du caoutchouc et plus tard du pétrole. Luanda fut désignée capitale de l'Angola indépendant en 1975. La longue guerre civile angolaise (1975-2002) provoqua un afflux massif de réfugiés, faisant exploser sa population et créant de vastes quartiers informels (musseques). Depuis la fin de la guerre, la ville connaît une reconstruction et une modernisation rapides, bien qu'inégales.
Caracteristiques
Luanda présente plusieurs caractéristiques distinctes. Son front de mer, l'Avenida 4 de Fevereiro (Marginal), est une artère emblématique offrant une vue sur la baie. La forteresse de São Miguel, perchée sur une colline, abrite aujourd'hui le Musée des Forces Armées. Le Mausolée d'Agostinho Neto, premier président, est un monument imposant en forme d'obélisque. La ville possède une vie culturelle intense, avec des musées comme le Musée National d'Anthropologie et le Musée National d'Histoire Naturelle. La langue officielle est le portugais, mais des langues bantoues comme le kimbundu sont largement parlées. La musique, notamment le semba (ancêtre de la samba brésilienne) et le kizomba, y est omniprésente. L'économie est dominée par l'industrie pétrolière, le secteur des services et la construction. Cependant, les inégalités socio-économiques sont criantes, avec des contrastes saisissants entre les quartiers huppés et les vastes musseques dépourvus d'infrastructures de base.
Importance
Luanda est d'une importance capitale pour l'Angola et l'Afrique australe. En tant que siège du gouvernement et des institutions nationales, elle est le centre politique du pays. C'est le cœur économique de la nation, générant la majeure partie du PIB grâce au pétrole (le terminal portuaire de Dande est crucial) et aux activités commerciales. Son port est l'un des plus importants de la côte ouest-africaine. Culturellement, Luanda est un épicentre de la lusophonie en Afrique et un producteur influent de musique et d'art contemporain. Sur le plan régional, elle joue un rôle croissant dans la diplomatie et le commerce en Afrique australe. Malgré les défis de la pauvreté et des infrastructures, son statut de capitale pétrolière et sa position géostratégique en font une ville au poids géopolitique significatif sur le continent.
