Jérusalem

Jérusalem est une ville sainte majeure pour les trois grandes religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l'islam. Revendiquée comme capitale par Israël et les Palestiniens, son statut est l'un des points les plus sensibles du conflit israélo-palestinien. Son histoire millénaire et son patrimoine religieux en font un lieu d'une importance historique et spirituelle unique au monde.

Introduction

Jérusalem, perchée sur les monts de Judée, est bien plus qu'une simple ville : c'est un symbole universel de foi, d'histoire et de conflit politique. Son nom évoque immédiatement les lieux saints, les pèlerinages et une histoire qui remonte à plus de trois millénaires. Capitale proclamée de l'État d'Israël, son statut international reste contesté, faisant d'elle l'une des capitales les plus complexes et disputées de la planète.

Description

Jérusalem est divisée, de facto, en plusieurs secteurs : la Vieille Ville, entourée de remparts du XVIe siècle, et les quartiers modernes qui l'entourent. La Vieille Ville, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, est elle-même divisée en quatre quartiers historiques : le quartier juif, le quartier chrétien, le quartier musulman et le quartier arménien. Elle abrite des sites d'une importance inestimable, dont le Mur des Lamentaires (vestige du Second Temple juif), l'église du Saint-Sépulcre (lieu présumé de la crucifixion et de la résurrection du Christ) et l'esplanade des Mosquées (Haram al-Sharif), avec le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l'islam. La ville moderne s'étend autour, avec des institutions gouvernementales israéliennes comme la Knesset (parlement) et la Cour suprême.

Histoire

Les premières traces d'occupation remontent au IVe millénaire av. J.-C. Elle devient la capitale du royaume d'Israël unifié sous le roi David vers l'an 1000 av. J.-C. Son fils, Salomon, y construit le Premier Temple. La ville est détruite par les Babyloniens en 586 av. J.-C., puis le Second Temple est reconstruit après l'exil. En 70 apr. J.-C., les Romains détruisent le Second Temple, marquant le début de la diaspora juive. Jérusalem devient une ville sainte chrétienne sous l'empereur Constantin au IVe siècle. Conquise par les Arabes musulmans en 638, elle est le centre de conflits lors des croisades (1099-1187). Elle fait partie de l'Empire ottoman de 1517 à 1917, puis passe sous mandat britannique. La guerre israélo-arabe de 1948 aboutit à la division de la ville entre Israël (ouest) et la Jordanie (est, incluant la Vieille Ville). Israël conquiert la partie est lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'annexe, un acte non reconnu par la communauté internationale. Son statut définitif doit être négocié dans le cadre d'un accord de paix.

Caracteristiques

Jérusalem présente un paysage urbain unique, mêlant architecture ancienne en pierre de Jérusalem et constructions modernes. Elle est un creuset de populations : Juifs (la majorité, séculiers et religieux), Arabes musulmans et chrétiens, Arméniens, et de nombreuses communautés religieuses et diplomatiques. La vie quotidienne est rythmée par les calendriers et les fêtes religieuses multiples (Shabbat, Pâques, Ramadan). La ville possède une importance académique avec l'Université hébraïque de Jérusalem et des institutions de recherche de renommée mondiale. C'est également un centre politique majeur, siège du gouvernement israélien et, pour les Palestiniens, capitale future d'un État.

Importance

L'importance de Jérusalem est triple : religieuse, politique et symbolique. Pour le judaïsme, c'est la ville du Temple, le centre spirituel et le lieu du retour après l'exil, évoqué quotidiennement dans les prières. Pour le christianisme, c'est le théâtre de la Passion et de la Résurrection du Christ. Pour l'islam, c'est le lieu du voyage nocturne du prophète Mahomet (Isra et Mi'raj) et la première direction de la prière (qibla). Politiquement, elle est au cœur du conflit israélo-palestinien, chaque revendication étant soutenue par des arguments historiques, démographiques et religieux. Sa gestion des lieux saints est régie par un statu quo fragile. Symboliquement, Jérusalem représente l'aspiration à la souveraineté, l'identité nationale et le dialogue – ou le choc – des civilisations.

Anecdotes

La pierre de fondation

Sous le Dôme du Rocher se trouve un rocher, considéré dans la tradition juive comme la "pierre de fondation" (Even ha-Shetiya) du monde, et l'endroit où Abraham s'apprêta à sacrifier son fils Isaac. Dans la tradition islamique, c'est depuis ce rocher que le prophète Mahomet s'éleva au ciel. Ce même rocher aurait été l'emplacement du Saint des Saints du Temple de Jérusalem.

La clé de la basilique du Saint-Sépulcre

Depuis le XIIe siècle, la clé de la principale entrée de l'église du Saint-Sépulcre est confiée à une famille musulmane, les Nusseibeh, et l'ouverture quotidienne est effectuée par une autre famille musulmane, les Joudeh. Cette tradition a été établie pour éviter les conflits entre les différentes confessions chrétiennes (grecque orthodoxe, catholique romaine, arménienne apostolique, etc.) qui se partagent le sanctuaire.

La "Ligne Verte" invisible

La ligne de démarcation qui séparait Jérusalem-Est et Jérusalem-Ouest entre 1948 et 1967, appelée "Ligne Verte", est aujourd'hui largement invisible dans le paysage urbain. Cependant, elle réapparaît parfois de manière surprenante, par exemple au milieu d'un terrain de football ou en traversant le hall d'un bâtiment, rappelant la division passée et les complexités de la réunification.

Sources

  • UNESCO - Vieille ville de Jérusalem et ses remparts
  • Encyclopædia Britannica - Jerusalem
  • Ministère des Affaires étrangères israélien - Jérusalem
  • L'Agence France-Presse (AFP) - Dossiers sur le conflit israélo-palestinien
  • National Geographic - Histoire de Jérusalem
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