Introduction
Islamabad, capitale fédérale du Pakistan, se distingue par son caractère de ville nouvelle, conçue ex nihilo pour incarner les aspirations d'une nation jeune. Nichée sur le plateau de Pothohar, au nord-est du pays, elle offre un contraste frappant avec les autres grandes métropoles pakistanaises par son calme, sa propreté et son intégration harmonieuse avec l'environnement naturel des contreforts de l'Himalaya.
Description
La ville est divisée en plusieurs secteurs numérotés, chacun ayant une fonction spécifique (administrative, commerciale, résidentielle, diplomatique), selon les principes de l'architecte grec Constantinos Apostolou Doxiadis. Son plan en damier et sa zonification stricte en font un exemple d'urbanisme moderne. Le point central de la ville est la Mosquée Faisal, une structure architecturale iconique aux formes géométriques audacieuses, l'une des plus grandes mosquées au monde. La ville est bordée par le parc national des collines de Margalla, une aire protégée offrant sentiers de randonnée et biodiversité. Le secteur diplomatique, souvent appelé la « Zone Diplomatique », abrite les ambassades et hautes commissions de nombreux pays. Contrairement aux villes historiques, Islamabad possède peu de monuments anciens, mais son paysage est marqué par des bâtiments gouvernementaux imposants, comme le Parlement (Majlis-e-Shoora) et le complexe de la Présidence (Aiwan-e-Sadr).
Histoire
La décision de créer une nouvelle capitale fut prise en 1959, après que Karachi, capitale depuis l'indépendance en 1947, fut jugée trop excentrée et sujette aux pressions démographiques et commerciales. Le site d'Islamabad, près de la ville historique de Rawalpindi (qui servit de capitale temporaire), fut choisi pour sa position stratégique, son climat plus tempéré et son potentiel de développement. La construction commença en 1961 sous la présidence d'Ayub Khan. Le plan directeur fut élaboré par Doxiadis, et l'architecte vedette Vedat Dalokay conçut la Mosquée Faisal. Les premières institutions gouvernementales s'y installèrent en 1966, et Islamabad fut officiellement déclarée capitale en 1967. Son développement s'est poursuivi par phases, reflétant la croissance et les vicissitudes politiques du Pakistan.
Caracteristiques
Islamabad se caractérise par : 1) **Urbanisme planifié** : Organisation en secteurs (numérotés et lettrés) avec une séparation claire des fonctions urbaines. 2) **Faible densité** : Espaces verts abondants, jardins et larges artères réduisant la congestion. 3) **Sécurité et élitisme** : Considérée comme la ville la plus sûre du Pakistan, elle abrite une population majoritairement composée de fonctionnaires, de diplomates et de la classe moyenne supérieure. 4) **Centre éducatif et culturel** : Elle accueille des institutions comme l'Université Quaid-i-Azam, l'Institut des Sciences et Technologies de l'Information (IST) et le Musée du Pakistan. 5) **Symbole de modernité** : Son architecture, bien que parfois critiquée pour son manque de caractère « local », vise à projeter une image de progrès et de stabilité.
Importance
En tant que capitale, Islamabad est le siège du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire du Pakistan. Elle joue un rôle central dans la politique nationale et les affaires étrangères, accueillant des sommets internationaux et des négociations cruciales. Son statut de ville planifiée en a fait un laboratoire pour l'urbanisme en Asie du Sud. Cependant, son développement contrôlé contraste avec l'expansion anarchique de Rawalpindi, sa ville jumelle, avec laquelle elle forme une conurbation dynamique. Cette dichotomie entre Islamabad la planifiée et Rawalpindi l'historique illustre les dualités du Pakistan moderne. La ville est également un refuge pour les populations déplacées par les conflits dans les régions tribales, ajoutant une dimension humanitaire à son profil.
